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Tensions à la Dinantaise : Bertrand Custinne démissionne

publié le:19/05/2017 21:14:00 - mis à jour: 22/05/2017 13:33:10

Bertrand Custinne démissionne du conseil d'administration de la Dinantaise. Un acte révélateur de vives tensions et désaccords au sein de la société de logements publics?

Depuis des mois, la Dinantaise, grosse société de logements publics qui gère 600 habitations est en proie à des tensions au niveau du personnel. Ses finances, dans le rouge depuis des années, n'arrangent rien.
Jeudi soir, le conseil d'administration qui représente les six communes affiliées est réuni. L'ambiance est tendue, très tendue. Le Directeur-Gérant Omer Laloux est sur la défensive : des administrateurs demandent d'avancer le plus rapidement possible pour sortir la société de la grave crise qu'elle traverse et appliquer les recommandations d'un audit externe, reçu il y a huit mois. Le ton monte, quatre administrateurs claquent la porte dont l'échevin d'Yvoir, Bertrand Custinne. Le consensus pour résoudre la crise, ce sera pour une autre fois. 24 heures plus tard, Bertrand Custinne (étiqueté PS) annonce sa démission de son poste d'administrateur. Ce n'est pas le premier et peut-être pas le dernier. En cause ? Des divergences de point de vue quant à la méthode à employer pour sortir la société de la crise financière et managériale actuelle. Certains verraient bien quelqu'un d'autre qu'Omer Laloux à la barre. C'est que le malaise perdure et que les remèdes tardent à voir le jour.

Manque de réactivité?

En octobre 2016, le conseil d'administration avait reçu le rapport d'audit organisationnel commandé au printemps de la même année suite à plusieurs plaintes. Le personnel dénonçait une charge de travail exponentielle ainsi que des problèmes de communication interne. Huit mois plus tard, explique Bertrand Custinne, on est toujours nulle part, rien n'est fait.

«J'ai demandé depuis novembre qu'on liste les recommandations livrées dans l'audit, qu'on les analyse, qu'on les priorise et qu'on établisse un calendrier. Parmi les maigres avancées, les seules actions réellement menées sont une réorganisation des bureaux et la mise en place de réunions du personnel. L'engagement d'un manager de crise a récemment avorté et été remplacé par le souhait d'engager deux responsables (administratif et technique) qui rempliraient des missions confiées jusqu'ici au Directeur-Gérant. Je traduis ça comme un aveu évident d'une incapacité du DG à assumer lesdites missions. Un coût supplémentaire pour la société alors que les finances et l'endettement ne le permettent pas.»

Un laisser-aller dont se défend catégoriquement Omer Laloux.

« Ces dix dernières années, trois audits relatifs à la Dinantaise ont été réalisés. Aucun ne m'a accusé de mauvaise gestion ou n'a permis de constater de grave problème de fonctionnenement. Le contexte pré-électoral est favorable à ces accusations. J'ai globalement la confiance du conseil d'administration.»

Des constatations partagées par Frédéric Rouard, le président de la Dinantaise.

« Omer Laloux reste le Directeur-Gérant. Nous avons décidé hier en conseil d'administration d'ouvrir un nouveau poste au sein de la Dinantaise. Nous engagerons un administratif qui pourra soutenir Omer dans différentes tâches (gestion financière, gestion des ressources humaines…). Le but est de professionnaliser la société. On a fonctionné à l'ancienne jusqu'à présent. »

Des liens amicaux et politiques

Mais pour Bertrand Custinne, la tension qui règne y compris au sein du C.A. ne permet plus d'agir dans la sérénité et l'objectivité.

« Certains sont piégés par les liens amicaux ou politiques. Je pense que la désignation d'un Commissaire spécial temporaire est une piste à envisager au plus vite. Il est nécessaire de désigner quelqu'un apte à remettre la société sur pied ; une personne qui sera politiquement neutre et au-dessus de la mêlée.»

De son côté, Omer Laloux rappelle qu'il est difficile pour une société de logements de service public de nouer les deux bouts surtout pour des communes où la population est très pauvre comme à Hastière.

«Les montants des loyers, plafonnés en fonction des revenus par la Région Wallonne, sont trop faibles au vu des coûts réels des logements.»

Frédéric Rouard soutient quant à lui les pistes proposées et approuvées jeudi par le CA (après la sortie des quatre administrateurs).

«Nous avons déterminé les actions concrètes à mettre en œuvre pour les prochaines années. Il y a une réelle volonté de redressement économique via un plan à cinq ans. Nous allons nous atteler à un programme de vente de certains logements. Nous allons contacter la Société wallonne du Logement pour demander un refinancement. Nous voudrions travailler différemment avec les communes. Nous ne voulons plus nous engager dans des projets ruineux qui plombent nos comptes. Nous devons formaliser les choses et ne plus agir au coup par coup.»

Il n'y croit plus

Bertrand Custinne est convaincu qu'aucun changement important n'est possible à la Dinantaise avec les personnes présentes actuellement au sein de la structure.

« Depuis des mois, les incidents se succèdent et, hier au conseil d'administration, j'ai pris mes responsabilités en posant toute une série de questions précises. Je me suis retrouvé face à des mensonges, des questions ont été éludées ou noyées dans la masse. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a un processus de victimisation, du déni de la part du Directeur-Gérant. Il n'a pas tous les tords mais je constate qu'il ne fait en tous cas dernièrement pas grand-chose pour apaiser les tensions et restaurer la confiance, y compris envers les administrateurs. Il a manifestement du mal à se remettre en question. Je regrette que des collègues du CA minimisent certains incidents et ne prennent pas conscience de la gravité de la situation.»

Bertrand Custinne insiste, il est urgent d'agir. La société de logements publics (comme beaucoup d'autres) est dans une situation financière très difficile. Son compte courant est en négatif de deux millions et demi d'euros. Selon lui, les comptes 2016 (pas encore finalisés ) sont annoncés avec un déficit de 150.000 euros.

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