Police

Zones rurales: plus difficile pour recruter des policiers

publié le:23/02/2022 16:22:00 - mis à jour: 24/02/2022 17:57:08

Entre le vieillissement des cadres, les nombreux départs à la pension et le manque d'attrait pour les postes stratégiques, nos zones de police recherchent de nouveaux agents et inspecteurs.

C'est le moins qu'on puisse dire, recruter de nouveaux agents de police est devenu très compliqué, surtout dans des régions rurales comme l'Ardenne et la Famenne. De nombreux policiers vont prochainement partir à la pension et les zones ont du mal à attirer de nouvelles recrues. Dans le même temps, le boulot s'intensifie et les missions se multiplient depuis le début de la pandémie. Edwin Dassonville, chef de corps de la zone de police Houille-Semois, évoque la problématique:

À part des gens issus de la région, il y a peu de personnes intéressées par l'idée de faire des kilomètres pour travailler chez nous.

Pierre Jacobs, chef de corps de la zone de police Lesse et Lhomme, s'attendait à de telles difficultés:

On a toujours su que les années 2020-25 seraient des années de départ. C'est toute une génération de policiers qui s'en va petit à petit. Dans des plus petits zones comme les nôtres, un emploi qui s'ouvre doit correspondre aux besoins des candidats et ils sont moins nombreux par ici. 

Il faut désormais combler ces départs et les volontaires manquent à l'appel, principalement à des postes très spécifiques, comme le soutient le commissaire divisionnaire Dassonville:

Par exemple, ce n'est pas évident de trouver des inspecteurs de terrain. Alors des officiers, n'en parlons même pas. Toutes les zones en demandent... 

Quid d'une fusion ? 

Depuis peu, la police recrute autrement. Dorénavant, les personnes intéressées peuvent postuler dans une zone avant même de commencer leur formation à l'académie. Pour l'année 2022, la ministre de l'Intérieur a d'ailleurs promis l'engagement de 1600 policiers. En attendant, les besoins en effectifs se font ressentir au quotidien. Pour compenser les absences, les zones de Lesse et Lhomme et Houille-Semois ont signé un protocole d'accord il y a un an pour s'associer de manière occasionnelle. Pierre Jacobs explique en quoi ça consiste:

On travaille ensemble très régulièrement, aussi bien pour la circulation que pour les services de recherche, même pour le côté administratif parfois. 

Quid alors d'une potentielle fusion entre les deux zones voisines afin de faciliter les démarches et les opérations, tout en rationalisant les coûts ? Le grand chef rochefortois, proche de la retraite, n'est pas contre évoquer l'idée:

On se rend compte que les petites et moyennes zones de police ont de plus en plus de difficultés à fonctionner de manière fluide. La fusion fait partie des solutions envisageables. On ne doit pas avoir de tabou, on doit pouvoir en parler ouvertement.

En Wallonie, deux zones de police ont déjà prévu de fusionner en 2023 : les ZP de Lermes et de Binche-Anderlues. Elles seront les premières wallonnes à passer à l'acte. 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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