Emploi

À 33 ans, Amélie se lance dans la couverture et change les codes du secteur

publié le:04/04/2025 15:59:00 - mis à jour: 09/04/2025 10:57:11

À 33 ans, Amélie Ubaghs, apprentie couvreuse en reconversion, se lance dans un secteur majoritairement masculin. Un parcours inspirant, qui prouve que la passion n'a pas de genre.

Tous les matins, Amélie Ubaghs joue les équilibristes sur les toits des maisons. À 33 ans, cette jeune femme est apprentie couvreuse, une reconversion qu'elle a entamée en août dernier, un peu par hasard :

À la base, j'ai fait la gestion hôtelière à l'école, donc rien à voir. Et puis, par la suite, j'ai rénové ma première maison. J'ai trouvé que la construction était un domaine technique et passionnant. Un jour, Jean-Philippe, mon actuel patron, qui m'aidait dans les rénovations, est venu me voir en me disant qu'il m'avait vue travailler et qu'il voulait me proposer un stage. J'ai donc accepté. C'est un nouveau challenge et l'opportunité de booster la confiance en soi, mais aussi de développer d'autres compétences.

L'augmentation des femmes dans la construction

Elles sont de plus en plus nombreuses, comme Amélie, à se former aux métiers de la construction. Rien qu'au Forem, ces cinq dernières années, le nombre de femmes inscrites à des formations dans ce secteur en pénurie a augmenté de 68 %, précise sa porte-parole, Manon Diependael :

Les formations les plus appréciées par les femmes dans le secteur de la construction sont, en premier lieu, le métier de peintre. On trouve ensuite des postes de dessinatrice, preuve qu'il n'y a pas que des métiers manuels dans ce secteur. Ensuite, viennent les métiers de carreleuse et de menuisier d'intérieur. Nous souhaitons que la situation évolue encore plus. Nous voudrions que les femmes se dirigent de plus en plus vers les métiers de la construction, mais aussi vers ceux de l'industrie, car ce sont des secteurs pourvoyeurs d'emplois.

Des conditions de travail améliorées et la fin des stéréotypes

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance, comme l'amélioration des conditions de travail grâce aux avancées technologiques, et la fin de certains stéréotypes. Amélie, pour sa part, n'avait pas d'a priori lorsqu'elle a décidé de se lancer dans ce domaine. Son intégration dans l'équipe s'est faite très naturellement :

Quoi qu'il arrive, il faut recadrer directement en cas de souci. Mais ici, moi, je n'ai jamais rien vécu de compliqué avec mon équipe. Mes collègues étaient même très prudents au début, limite à ne pas vouloir me faire porter certaines choses, mais on a trouvé un équilibre assez rapidement. Maintenant, je fais partie de l'équipe et je travaille comme eux.

Un impact positif sur l'entreprise

Son patron, Jean-Philippe Huart, ajoute que l'ambiance a véritablement changé depuis l'arrivée d'Amélie :

C'est complètement différent, ça transforme l'entreprise, ça la rebooste ! Mon équipe est beaucoup plus polie, même au niveau travail, les finitions sont complètement différentes. Une femme est beaucoup plus méticuleuse, elle adore la précision et les choses bien faites.

Avec son parcours, Amélie espère inspirer d'autres femmes qui hésiteraient à se former dans ce secteur :

Il ne faut pas penser à ce que les autres peuvent dire. Je pense que c'est le tempérament qui fait la force. C'est l'envie, ce n'est pas le genre qui détermine ce dont on est capable.

Amélie terminera sa formation au mois d'octobre. Au vu de la situation actuelle, la couvreuse devrait trouver rapidement un travail. Dans l'arrondissement de Dinant, près de 3.000 femmes sont en recherche d'emploi.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30