Ce week-end, vous risquez bien de croiser des vendeurs de stylos. La campagne de l’action Damien a déjà commencé. Deux survivants, l’un de la lèpre, l’autre de la tuberculose, sont venus témoigner à l'école de Bellevue à Dinant devant les élèves de la 3e à la 6e primaire ainsi que ceux de la 1ere secondaire.
Un chant congolais envahit la salle de représentation du collège de Bellevue et entraîne les élèves de primaire dans une danse africaine. Derrière cet air enjoué se cache une réalité pas toujours rose. Son auteur, Maxime Lunga, est aujourd'hui guéri de la tuberculose mais n'a pas arrêté la lutte contre la maladie pour autant. Il est devenu responsable du département de communication dans son pays, à Kinshasa.
« C'est une chanson en Lingala, la langue que l'on parle en République Démocratique du Congo. Les paroles disent que la tuberculose est une maladie grave mais guérissable. Je parle aussi des symptômes. La toux, la fièvre, le manque d'appétit… Il faut tout de suite amener la personne touchée au centre de santé. J'ai ainsi composé trois chansons sur la tuberculose et une sur la lèpre. »
Une sacrée campagne de communication que Maxime mène aussi ici en Belgique avec son ami Junior. Ensemble, ils vont raconter leur histoire dans les écoles. Celle de Maxime commence en 2000, au lendemain de son mariage. Il venait de dépenser tout son argent dans la cérémonie quand il apprend qu'il est atteint de la tuberculose. Ses poches vides, il n'avait plus les moyens de se payer un traitement.
« On m'a dit qu'Action Damien financerait ce long traitement. »
Pendant toute sa maladie, sa jeune épouse est restée à ses côtés.
« On s'est marié pour le meilleur et pour le pire, lui a dit sa femme. Ca a commencé par le pire. Le meilleur viendra après. »
Mais tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir ce soutien. Junior, lui, a connu la lèpre alors qu'il était enfant et vivait dans la rue. Déjà abandonné par sa famille, ce sont ses amis qui se sont éloignés de lui. Son surnom était alors « somotro », autrement dit « monstre » à cause du kyste au dessus de son œil.
« La vie était vraiment devenue très difficile. Je n'imaginais même pas vivre jusqu'en 2015. Je priais même en demandant à Dieu de me tuer. Je ne voulais plus vivre dans cet état, enfant dans la rue. Donc, c'est vraiment grâce à l'Action Damien que je suis là aujourd'hui. »
Ces deux rescapés de la maladie ont reconstruit leur vie. C'est ce message positif qu'ils sont venus délivrer aux élèves de Bellevue. Ce week-end, les élèves vendront des stylos pour guérir d'autres maximes et d'autres juniors. Au total, 320 000 malades dans 14 pays sont guéris chaque année grâce à l'Action Damien.
L'action Damien en quelques chiffres
320 000
C'est le nombre de malades guéris chaque année grâce à l'Action Damien.
14
RDC, Inde, Bangladesh… l'association est active dans quatorze pays différents.
1200
travailleurs locaux sont présents sur le terrain, tout comme Maxime Lunga.
3
maladies : la tuberculose, la lèpre et la leishmaniose touchent surtout les pauvres.
7
pochettes de bics vendues permettent de payer un traitement.