Les planteurs de tabac ne sont plus nombreux à Bohan. Tout au long de l'année, des apprentis de tous âges peuvent suivre un atelier pour perpétuer la tradition. Nous sommes à la période de la récolte.
700 plants de tabac de la Semois dans un champs à Bohan, le décor est planté. Cette parcelle sert de base à l'atelier suivi par un groupe de personnes intéressées par cette culture ancestrale dans la vallée. Fin août-début septembre, c'est la période de la coupe. Les apprentis planteurs travaillent avec l'animateur et planteur Antoine Poncelet, qui explique le processus:
On avance avec de grands sécateurs et on coupe les tabacs qui se couchent chaque fois d'un côté. C'est un peu l'apothéose de l'année, on récolte tout le fruit du travail qu'on a fait.
Chaque participant a sa parcelle de 150 plants, c'est le maximum légal en Belgique pour cultiver pour sa consommation personnelle (le tabac de la Semois est principalement destiné à la pipe). Mais le but de ces ateliers est avant tout la conservation d'une pratique, d'un patrimoine, qui ont fait toute l'économie et la renommée de la Semois par le passé, rappelle Antoine:
La région a été couverte de tabac de la Semois. A un moment, il n'y avait quasiment que ça comme culture. Et puis ça s'est perdu, parce qu'il y a eu des maladies, etc. Il ne restait que quelques planteurs, puis ça s'est presque arrêté. Et donc, avec André Robinet, un ancien planteur, on s'est dit qu'on allait essayer relancer en créant ces ateliers.
Jocelyne Hanse vient de Bouillon. Elle participe aux ateliers pour plusieurs raisons:
On essaye de perpétuer le geste des anciens et de continuer ce qui faisait la force de la vallée de la Semois. C'est la deuxième année que je participe et je le fais surtout dans le but de pouvoir fumer mon propre tabac sans produit chimique.
Après 24h de séchage au sol, les plants vont rejoindre l'un de ces grands séchoirs qui parsèment encore la vallée. Celui utilisé pour les ateliers est le dernier encore en activité.
La récolte est l'une des étapes marquantes de l'année en atelier, qui en compte beaucoup. Antoine Poncelet détaille:
Les étapes préliminaires: il y a les semis dans les couches, suivis du repiquage fin mai, début juin. Après, on doit nettoyer les champs en les binant. Et puis il y a le travail de "djetounage", où l'on retire les gourmands (NDLR les tiges secondaires) à chaque aisselle de feuille. C'est un travail long et pénible pour le dos. Après la récolte et la mise au séchoir, on fait les manoques (NDLR: les bottes) et les ballots, donc le tabac prêt à fumer. Il n'est pas encore haché, etc, l'atelier couvre juste la période culture, le travail des planteurs de tabac.
Les planteurs sont maintenant en recherche de nouveaux intéressés pour l'année prochaine.
Informations:
>> La Maison Bleue sur Facebook
>> Le Centre Culturel et Touristique de Vresse par téléphone au 061 29 28 27
Envie d'en savoir plus sur l'histoire du tabac de la Semois? Retrouvez notre série de vidéos sur le sujet grâce à notre carte interactive.