Energie

Belga Solar réunit les acteurs de l'énergie face à la concurrence déloyale chinoise

publié le:22/04/2025 17:32:00 - mis à jour: 24/04/2025 13:12:36

Le fabricant de panneaux photovoltaïques est confronté à une concurrence déloyale venue de Chine, comme d'autres entreprises wallonnes réunies ce mardi à Baillonville.

Tout le gratin de l'industrie wallonne active dans le domaine de la transition énergétique était réuni ce matin dans les locaux de Belga Solar, à Baillonville. Ces entreprises, comme John Cockerill, qui produit de l'hydrogène, ont un point commun : elles sont confrontées à une concurrence déloyale venue de Chine. Une problématique particulièrement présente chez le seul fabricant belge de panneaux photovoltaiques, affirme Sébastien Mahieu, managing director de Belga Solar. 

Cela fait deux ans qu'on fait face à un dumping chinois très violent. Les producteurs de panneaux photovoltaïques chinois font des pertes colossales, ils ont perdu des milliards l'an dernier. On parle même de faillites là-bas. Fatalement, cela nous impacte car si on compare les prix du marché, les prix des produits chinois sont bien plus bas.

Interdire ou taxer les produits chinois

L'industrie européenne a aussi du mal à rivaliser avec la Chine car les normes de production y sont beaucoup moins strictes, que ce soit au niveau social ou environnemental. Mais il existe des mécanismes qui lui permettraient d'être plus compétitive, explique Etienne de Callatay, économiste.

Premièrement, il y a l'interdiction. Par exemple, ce qui est fabriqué par du travail forcé ou des enfants pourrait être interdit. Donc les matériaux produits dans des conditions indignes ne pourraient pas arriver sur le territoire européen. La deuxième possibilité, c'est de taxer les pays qui ont des normes sociales ou environnementales plus faibles. C'est une idée qui existe en Europe, qui n'a pas encore été effectivement mise en oeuvre mais qui a été décidée. Pour certains produits, comme l'alluminium, ce sera appliqué dès 2026. Il faudrait élargir son champ d'application et ne pas le limiter à cinq produits.

Plus de protection européenne

Résultat, les entreprises se tournent vers les autorités compétentes, comme l'Union Européenne. Elles demandent plus de protection, notamment via les marchés publics. Le député européen et président des Engagés, Yvan Verougstraete, a affirmé son soutien au secteur.

Je pense qu'on doit être beaucoup moins naïfs au niveau européen et protéger nos industries face au dumping chinois. Si, demain, nous voulons avoir notre autonomie en matière de fabrication énergétique, il faut au moins veiller à ce que les mêmes règles soient d'application ici qu'ailleurs. Il faut aussi renforcer le marché unique européen, pour qu'il y ait moins de contraintes quand on passe d'un pays à l'autre. Enfin, il faut que les marchés publics européens privilégient des critères de durabilité et de recyclage, pas uniquement de prix.

Ces enjeux sont cruciaux pour l'Europe, qui s'est fixé comme objectif que 45% de notre consommation en énergie proviennent des énergies renouvelables d'ici 2030

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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