Le conseil communal de Dinant a adopté à l’unanimité le budget 2026. Les comptes sont à l’équilibre grâce à un artifice comptable et on va au-devant d’années difficiles, a prévenu l’échevin des finances.
Le budget communal de Dinant voté à l'unanimité ! Il y a quelques années, nous aurions assurément titré cet article comme ça, tant les relations autour de la table étaient tendues. En cette fin d'année 2025, aucune tension au cours du débat mais l'ombre des cotisations de responsabilisation qui plane au-dessus des finances dinantaises.
Pour rappel, Dinant doit prendre en charge une partie de la pension de son ancien personnel statutaire. C'est le cas de toutes les communes, sauf qu'à Dinant, la facture est très salée. En cause, les employés du CPAS qui ont travaillé pour l'hôpital après la vente des parts de la Ville. En 2026, le montant de ces cotisations de responsabilisation s'élève à 825.000€.
Un artifice comptable
Pas aidé par les caprices de l'informatique qui l'ont, un temps, empêché de diffuser sa présentation, l'échevin des finances, Julien Floymont a pris le temps de détailler un budget qui s'élève à 29 millions à l'ordinaire et à 7,7 millions à l'extraordinaire.
Il reconnaît que si le budget ordinaire est à l'équilibre, c'est grâce à un artifice comptable – dont on vous épargne les détails -, « sans quoi on était en mali de 169.000€ ».
Autre avertissement, Dinant va au-devant d'années difficiles :
A partir de 2029, nous serons en mali, suivant les projections pluriannuelles. En 2029, on serait en mali pour un montant de 277.000€ ; en 2030, de 329.000€ et 2031 de 139.000€. Cela veut dire qu'on va au-devant d'années très difficiles. On présente un budget à l'équilibre mais on n'a aucune raison de fanfaronner. On doit continuer à avoir une gestion rigoureuse parce que même avec une gestion rigoureuse, on aura des soucis pour le futur.
Julien Floymont précise que Dinant pourrait présenter des budgets en mali pour autant que le montant du mali soit inférieur aux cotisations de responsabilisation.
Concernant l'extraordinaire, Dinant prévoit de vendre une partie de son patrimoine et espère engranger ainsi des recettes pour 1,2 million d'euros.
25% de subsides en moins pour l'associatif ?
Le Bourgmestre, Richard Fournaux, a rappelé une nouvelle fois ce qui constitue le fil rouge de sa politique depuis son retour au pouvoir : les grands projets structurants n'ont pas nécessairement besoin d'argent public, Dinant peut et doit nouer des partenariats avec des investisseurs privés.
Là, où le bât blesse, Richard Fournaux le reconnaît, c'est dans le financement du quotidien et le soutien aux associations, aux clubs sportifs... Dinant étant « sous CRAC » (Comité de Régulation et d'Aide aux Communes qui surveille les finances des communes qui bénéficient du Plan Oxygène), les subsides pourraient être revus significativement à la baisse :
Le CRAC souhaite qu'on arrive à une diminution des subsides de 25%. Pas en une seule année mais progressivement. Le CRAC estime que le montant global des subsides attribués est trop important. Ça, c'est le point de vue du CRAC. Maintenant tout est négociable et il est clair et net que si nous avons une gestion qui s'améliore sur d'autres points, rien n'est gravé dans le marbre.
Ce budget, sur le fil du rasoir donc, est voté à l'unanimité. Seule remarque de Thierry Bodlet, un brin ironique : « l'exercice du pouvoir impose de revenir à la réalité parfois éloignée des promesses et des ambitions de la campagne électorale ».