Forges - Anseremme
Ces riverains s'opposent au remblais d'un canal le long de la Lesse
publié le:04/04/2017 18:24:00 - mis à jour: 17/04/2017 15:35:01
Un comité de riverains s'est formé dans la Rue des Forges à Anseremme, afin de défendre un canal qui longe leurs maisons. Un projet immobilier prévoit de remblayer cette déviation de la Lesse.
Fabrice Vandermeeren habite en bordure du petit canal des Forges, une déviation de la Lesse qui fait plus d'un kilomètre de long. Il ne veut pas que le canal soit remblayé, comme prévu dans un projet immobilier de la société Dinant - Evasion / Pitance.
"Pour moi, c'est mon coin de paradis qui s'en va. Si le canal est rebouché, cela représente un charroi de camions, des milliers de tonnes. On va avoir des gens qui vont passer, des machines."
Mais pourquoi ce canal pourrait-il être remblayé? Il s'agit en fait d'un bief qui alimentait le site des Forges, où se trouvait une centrale hydroélectrique. La société d'Olivier Pitance compte racheter le site et réaliser un projet immobilier dans l'ancien bâtiment. Mais racheter ce bâtiment implique aussi de racheter le canal qui le dessert, et devenir responsable de son entretien. Il nous explique par téléphone:
"Ce serait économiquement intenable d'entretenir les berges et le canal sur une telle distance. Et comme il est aussi économiquement difficile de relancer la centrale hydroélectrique, le canal ne servirait plus à rien. S'il y a des infiltrations ou des affaissements, je serais responsable en tant que propriétaire."
Certains riverains ont décidé de se mobiliser en comité.
"Nous n'allons nullement contre le projet immobilier, explique Fabrce Vandermeeren. On veut juste garder le canal tel qu'il est. Je suis sûr qu'il y a moyen de le faire vivre, et éventuellement relancer la centrale. On est plusieurs à avoir trouvé des fonds ou à vouloir collaborer avec Mr Pitance pour le faire, s'il le souhaite."
Aurélie Duez est l'initiatrice du comité, elle ajoute sur la table la question écologique:
"J'ai des craintes par rapport à la nature des remblais qu'on va y mettre. Et puis il y a une biodiversité énorme. Des martins-pêcheurs, des chauve-souris, des castors. Il y a une nature qui s'est instaurée il y a des années, même si c'est un canal qui, à la base, a été fait par l'homme. Il date quand même des années 1826."
Olivier Pitance précise lui que le projet prévoit bel et bien un remblais, recouvert de terre, et non un bétonnage. Une réunion à l'initiative du comité est prévue le 21 avril à 18h au foot d'Anseremme, elle est ouverte à tous.