Selon des tests, le taux en TFA dans l'eau du village de Braibant à Ciney est supérieur à la future norme européenne. Un constat alarmant selon les responsables politiques cinaciennes.
La Ville de Ciney vient de dévoiler les résultats d'une analyse indépendante sur les réseaux de distribution d'eau à plusieurs endroits de la commune. Le monitoring concernait la présence de TFA, un acide trifluoroacétique provenant de la dégradation des PFAS, les polluants éternels. Les conclusions de ces tests sont préoccupantes : les taux de concentration en TFA dépassent le seuil qui sera prochainement fixé par la norme européenne (0,5 microgramme/L) et qui entrera en application début 2026 :
- Centre-ville de Ciney : 1,1 microgramme/L
- Braibant : 2,4 microgrammes/L
- Pessoux : 1,6 microgramme/L
Plus inquiétant encore, la zone de distribution de Braibant, desservie par l'AIEC (Association Intercommunale des Eaux du Condroz), dépasse la valeur guide recommandée par le conseil scientifique indépendant. (2,2 microgrammes/L)
La Région wallonne a également réalisé un grand monitoring sur tout le territoire wallon afin de détecter la présence de TFA. Selon le rapport, seules 13 zones présentent un taux de TFA supérieur à 2,2 microgrammes/L. Braibant ne fait pas partie de cette liste.

La commune de Ciney diligente une étude
Suite à l'annonce de la Région, Jean-Marc Gaspard, échevin de la Santé de Ciney, a décidé de presser le collège communal pour effectuer de façon indépendante des tests sur la qualité de l'eau. C'est le laboratoire allemand DVGW qui s'est chargé de réaliser les prélèvements. Pour l'échevin cinacien, obtenir ces résultats était primordial.
Dès que j'ai appris que la Région lançait un grand monitoring au niveau wallon pour détecter la présence de TFA dans l'eau de distribution, j'ai demandé à ce que nous fassions nous-mêmes des tests.
Une fois les résultats reçus, le collège communal s'est réuni afin de déterminer la suite des événements.
Nous avons écrit plusieurs courriers en date du 26 septembre. Un premier à destination des fournisseurs d'eau, la SWDE pour le centre-ville et l'AIEC pour Pessoux et Braibant. Nous leur avons demandé de fournir, deux fois par an, la concentration en PFAS aux citoyens de notre ville. Nous demandons davantage de transparence. Nous avons, dans le même temps, écrit aux ministres de l'Agriculture (Anne-Catherine Dalcq), de l'Environnement et de la Santé (Yves Coppieters) afin de réclamer un plan d'action pour interdire les 20 PFAS les plus dangereux sur le territoire wallon ainsi que de ne pas attendre la fin de la période de transition pour mettre en place les nouvelles normes en termes de concentrations de PFA autorisées. Nous demandons également une réduction du seuil de tolérance des PFA de 0,20 microgramme/L à 0,04 microgramme/L (norme en vigueur aux Etats-Unis). Nous exigeons également l'application du principe de précaution tant que la non-toxicité de ces différentes molécules n'aura pas été prouvée.
La Ville attend la réaction des ministres
Les résultats du laboratoire indépendant sont connus du collège communal depuis le 26 septembre mais aucune communication n'a été faite pour avertir le citoyen de la présence de ces polluants dans l'eau de consommation. Une décision que Jean-Marc Gaspard explique par une volonté d'informer complètement la population non seulement de leurs interrogations par rapport à cette situation, mais aussi des réponses qui nous seront apportées.
Nous avons préféré attendre la réaction des ministres concernant notre courrier avant d'informer la population. À l'heure actuelle (NDLR: 18 octobre), nous n'avons toujours pas reçu de réponse. Ni de la part des fournisseurs d'eau, ni des ministres compétents.
Selon un communiqué de la cellule Environnement-Santé de la Région wallonne : "La probabilité que le TFA soit toxique pour les organismes vivants (mammifères) est considérée comme très faible. Des études doivent encore être menées pour déterminer les effets d'une toxicité chronique du TFA. "