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Coup d’arrêt pour le projet du nouveau stade de foot de l’Union Rochefortoise à Marche-en-Famenne

publié le:10/12/2024 10:36:00 - mis à jour: 11/12/2024 16:27:31

Les Rochefortois en rêvaient. Ils vont devoir attendre. Le projet du nouveau stade de foot professionnel de l’Union Rochefortoise à Marche-en-Famenne est mis entre parenthèses.

Ce n'est pas un coup de sifflet final, mais un sacré coup d'arrêt que vient de décréter Nicolas Lhoist, le président du club de football de l'Union Rochefortoise. Dans un long communiqué de presse reçu ce mardi matin, celui qui a mené l'équipe première rochefortoise au troisième échelon du football belge et qui rêve d'atteindre l'échelon professionnel, s'explique sur les raisons de cette décision.

Après une longue période de réflexion et d'études approfondies, l'Union Rochefortoise a décidé de mettre en attente le projet de nouveau stade. Ce choix ne signifie pas un renoncement définitif à notre ambition, mais il témoigne d'une volonté d'agir avec lucidité, prudence et respect de notre identité. 

Financièrement, plus tenable

Il y a d'abord les raisons financières. Estimé à 35 millions d'euros, le projet du nouveau stade de 8.500 places et de ses à-côtés (un hôtel, un centre de loisirs, des bureaux et un espace événementiel) devenait difficilement tenable.


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La conjoncture économique a grevé le budget, et avec elle, l'espoir d'offrir un stade de football professionnel dans un avenir proche aux joueurs et supporters du club. L'homme d'affaires pointe notamment la hausse des taux d'intérêt, « oscillant entre 4 % et 5 % », ainsi que « la frilosité des institutions bancaires, peu enclines à soutenir ce type d'initiatives », sans oublier l'augmentation des prix des matériaux de construction et l'absence d'aides publiques. La raison l'a donc emporté sur le coeur:

Depuis le mois de juillet, les études financières menées par la famille Lhoist ont mis en évidence les nombreux défis associés à ce projet ambitieux. [...] Nous avons dû prendre cette décision basée sur la raison et sur une gestion en bon père de famille. Nous allons poursuivre le développement du club et stabiliser encore nos acquis. L'Union Rochefortoise reste un projet familial : l'idée est de le maintenir dans la durée et de ne pas risquer des difficultés financières non anticipées. 

Les clubs de foot belges vont mal

À ce constat, s'ajoute l'analyse de la situation financière des clubs de football professionnels en Belgique, dont la santé est loin d'être florissante. Selon Nicolas Lhoist, en 2023, le déficit moyen d'un club de Challenger Pro League s'élevait à 2 millions d'euros par an. La situation se serait encore aggravée depuis, au point que moins de 20 % des clubs belges présentent un budget en boni.

De manière structurelle, les clubs belges souffrent d'un déséquilibre chronique, dépensant plus qu'ils ne génèrent en revenus. Ces constats mettent en lumière l'ampleur des obstacles à surmonter pour mener à bien ce projet et garantir sa viabilité financière à long terme. 

Les ambitions restent "intactes"

Pourtant, les ambitions restent grandes. Aujourd'hui 6e sur 12 au classement D1 ACFF, Nicolas Lhoist rêve toujours d'emmener son équipe rochefortoise, il y a cinq ans encore en P1, et l'année dernière en D2 ACFF, au niveau professionnel. Il le sait, cette ascension fulgurante ne peut se faire sans un stade homologué. Alors, en attendant un éventuel dénouement favorable, le président mise sur le maintien:

À court et moyen terme, notre volonté est de jouer le top 6 chaque année en D1 ACFF et de devenir le club phare de la province de Namur. Sur du plus long terme, nous poursuivrons, en bon père de famille, l'exploration des solutions qui s'offrent à nous pour, peut-être, un jour gravir les échelons et amener l'équipe au niveau du football professionnel. 

L'Académie verra bien le jour

Le président de l'Union Rochefortoise tient toutefois à rassurer quant à l'avenir de l'académie de football. Celle-ci verra bien le jour. Les travaux devraient débuter au printemps 2025.

Enfin, Nicolas Lhoist confie être en discussion avec les autorités rochefortoises pour la création d'un terrain synthétique au Parc des Roches afin d'améliorer « les conditions de jeu et d'entraînement de l'ensemble de nos équipes ».

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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