"Il y a 25 ans, Chevetogne c'était des baraques à frites au fond des bois", rappelle l'Ecolo Georges Balon-Perin qui craint que la Députation ne "massacre" le domaine provincial.
Le conseiller provincial Ecolo Georges Balon-Perin a été très étonné de découvrir au détour d'une interview à Matélé la position de la Députée en charge de Chevetogne Geneviève Lazaron qui refusait le principe d'une augmentation du prix d'entrée.
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Pendant le facebook Live avec la députée provinciale, Georges Balon-Perin s'était inquiété d'apprendre que le Collège ne suivait pas la proposition de la direction d'augmenter le tarif d'entrée, le tout sans débat au conseil. Nous lui avons proposé d'intervenir lors de l'interview XXL.
Georges Balon-Perin, d'un point de vue politique, la gestion de ce dossier vous interpelle...
Je suis un peu fâché sur la forme et très inquiet sur le fond. Lors des deux derniers conseils, les dossiers sur Chevetogne ont été reportés de manière un peu arbitraire: on n'a pas pu discuter de l'avenir de Chevetogne entre élus. Madame Lazaron est sortie sur Matélé avant d'en discuter avec les services et les conseillers. Sur le fond, je suis inquiet par le délitement de Chevetogne. On ne sait pas où va Chevetogne et on ne sait pas si les qualités développées par le domaine depuis 25 ans vont pouvoir être maintenues.
Mais tous les services provinciaux sont concernés: pourquoi Chevetogne devrait être épargnée par les coupes budgétaires?
Il y a un plan pour Chevetogne, la première étape est achevée, c'est de passer en régie autonomie pour avoir plus de transparence et responsabiliser les équipes. Très bien. La deuxième étape est de réfléchir ensemble à un plan stratégique à long terme, et ensuite définir un plan opérationnel et le budget adéquat. Le Collège a décidé de fonctionner à l'envers et de décider unilatéralement de faire une coupe dans le budget sans vision à long terme. Et en plus je ne suis pas sûr que Mme Lazaron comprenne de quoi elle parle; dans votre interview, elle dit qu'il ne faut pas économiser 1,2 million mais 400.000 par an. Mais c'est faux: c'est 400.000 la première année, 800.000 la deuxième et enfin 1,2 million chaque année à partir de la troisième année.
Geneviève Lazaron insistait aussi dans son interview sur la nécessité de créer de nouveaux produits, la location du château à des entreprises, développer les visites guidées, le camping-car, etc.
Ecolo est pour des nouveaux services. Mais d'abord fixons un cap et voyons quels services développer et ce qu'ils peuvent rapporter. Je n'ai aucun problème à ce qu'on loue le château mais faire venir les camping-cars, ce serait revenir 25 ans en arrière quand le domaine était constitué de baraques à frites dans les bois. Il y a une cohérence réalisée par la direction du domaine dans le positionnement, une cohérence de la relation de l'homme à la nature, et cette cohérence se fait grâce à des attractions douces mais il m'apparait que faire venir des camping-cars serait une incohérence totale. Si l'idée de la majorité, en particulier de sa composante libérale, est d'en faire un Disney Land, avec des bungalows, des camping-cars, on ne sera plus dans la philosophie depuis 25 ans et une rupture des attentes de la population qui souhaite un tourisme vert, respectueux de la biodiversité et qui permet de reconnecter l'humain avec la biodiversité.
Ces réflexions, vous n'avez pas du tout pu les partager avec la majorité?
Non, en effet, et je ne comprends pas leur stratégie. Le fait que la responsabilité du Domaine soit passée de Jean-Marc Van Espen (MR) à Geneviève Lazaron (CDH) est troublant. Je suis très surpris. J'ai un peu l'impression que tous les services qu'on est en train massacrer, on les refile à Geneviève Lazaron à qui on fait jouer un très mauvais rôle dans cette très mauvaise pièce.
Ce sont des mots très forts: un massacre de services, avec une Geneviève Lazaron dans le rôle d'exécutrice si je suis votre logique; quel serait l'intérêt pour la province de "massacrer" un joyau?
C'est un intérêt purement budgétaire. C'est là ce que je reproche à la Députation: elle n'a rien anticipé alors qu'on sait depuis longtemps qu'elle allait être amenée à devoir faire des choix drastiques. Au lieu de le faire avec une concertation intelligente avec les services, ils ont décidé de le faire avec une seule boussole, qui est la boussole budgétaire. Le dernier dossier à propos de Chevetogne est exemplatif: il y a des idées novatrices qui sont sur la table, émanant d'agents provinciaux qui travaillent sur instruction du Collège provincial. Les propositions des services sont venues deux fois devant le Collège, qui les validées. Le Collège provincial a fait monter le dossier au conseil provincial et c'est à ce moment là qu'ils ont décidé de remettre le couvercle sur le dossier parce que manifestement il y avait des préoccupations, je dirais, sans doute un peu électoralistes de la majorité qui n'ose pas prendre la moindre mesure pour aller de l'avant.
L'administration a été désavouée par le politique?
Très clairement, très clairement. J'ai parfois eu des discussions un peu viriles avec le directeur de Chevetogne. Mais lorsqu'il y a des points de désaccord, on en parle! Je trouve que le fait de donner les moyens à l'équipe de Chevetogne de développer sa créativité via la régie, c'est tout à fait sain, mais le fait qu'on les ait cassés de manière unilatérale, en jetant le projet sinon à la poubelle, en tout cas en-dessous du tapis, à leur place je serais très fâché.
Dernier mot, puisque c'est l'élément qui a mis le feu aux poudres: que pensez-vous de la hausse de la tarification?
Je pourrais vous dire que les écolos sont pour la gratuité totale, mais ce serait démagogique. Et donc la proposition sur la table est que les abonnements n'augmentent pas pour l'instant: 60€ pour rentrer avec une famille complète autant de fois qu'on veut par an, voilà qui garantit le caractère social de Chevetogne. Par contre, augmenter légèrement le prix de l'entrée individuelle pour des gens qui ne viennent qu'une fois par an, pour un Bruxellois qui décide de venir passer une journée ou le we à Chevetogne: je n'ai aucun souci sur le principe. Faire une tarification faible l'hiver, quand les attractions sont fermées, un peu plus élevée au printemps quand les musées rouvrent, et encore un peu plus élevée en été quand les piscines sont ouvertes, c'est une tarification intelligente et novatrice. S'il faut encore l'améliorer, pour des mouvements de jeunesse par exemple, cela me paraît normal; s'il faut l'aménager, il n'y a aucun souci, mais ce n'est pas dans cette direction qu'on va: on met le projet sous le tapis, voire sous le paillasson si je peux me permettre.