Immobilier
Dinant : Le casino à côte de Bethléem, « un coup de poker magistral »
publié le:27/12/2016 12:53:00 - mis à jour: 30/12/2016 18:00:33
Grand déménagement en vue à Dinant ? Richard Fournaux souhaite délocaliser le casino à côté de l'ancien couvent de Bethléem et installer dans le bâtiment actuel, le club d'aviron dinantais. On vous explique.
Déménager le casino de Dinant sur le site de l'ancien couvent de Bethléem, de l'autre côté de la rive de la Meuse, cette annonce aurait presque de quoi faire sourire en cette période de Noël. Sauf que Richard Fournaux compte bien en faire son cheval de bataille dans les mois à venir. « Ce serait un coup de poker magistral sur le plan immobilier, patrimonial et financier », se targue le bourgmestre.
Mais pourquoi vouloir déménager et quitter un bâtiment vieux de seulement 15 ans dont l'emprunt n'est pas encore terminé? Parce que le casino devient trop petit et que le manque de places de parking est criant. Secundo - et c'est un argument secondaire au sens propre du terme -, parce que la cohabitation avec les locataires des appartements du dessus ne se passe pas très bien. Tertio, parce que le propriétaire du casino, Jurgen de Munck, est prêt à investir. Et c'est là qu'on en revient au fameux coup de poker de Richard Fournaux.
Coups de poker immobilier et financier?
Délocaliser le casino à côté de l'ancien couvent de Bethléem constituerait une opération en or pour le propriétaire du casino. Il pourrait ainsi construire un bâtiment deux fois plus grand. Exit également les problèmes de parking. Enfin, et ce n'est pas négligeable, il pourrait transformer son affaire en hôtel-casino avec une vue imprenable sur la future Croisette. Jurgen de Munck aurait d'ailleurs déjà scellé un accord avec les propriétaires du Bethléem pour gérer l'ancien couvent en tant que structure Horeca.
A charge de la commune d'acquérir le terrain. Côté financier, Richard Fournaux n'y voit que du positif : « Si le casino double sa surface, le prix de la concession et les dotations perçues par la ville seront plus importantes »
Mais alors, quoi à la place du casino ?
Voici comment le bourgmestre imagine les choses. La salle polyvalente communale située au rez-de-chaussée du bâtiment remonterait d'un étage (fini les problèmes d'insonorisation, de climatisation et d'exiguïté). Les locaux du rez situé au niveau du halage permettraient ainsi d'accueillir le club d'aviron dinantais qui réclame depuis longtemps à la ville des installations « plus sécurisantes ».
Sur papier, il s'agit effectivement d'un scénario idéal. Richard Fournaux prévoit de rencontrer prochainement les responsables de la commission nationale des jeux de hasard afin d'être aiguillé au mieux dans cette affaire de concession publique/privée.
Le club d'aviron, le cul entre deux quais.
Voilà que le club d'aviron se retrouve le cul entre deux quais. Va-t-il partir s'installer au futur centre nautique d'Anhée ou rester à Dinant ? On imagine que cette proposition tombée du ciel ne laisse pas insensibles les responsables du club d'aviron centenaire. La ville leur offre ce dont ils ont toujours rêvé : des installations en bord de Meuse situées en plein cœur de la ville. « Nous devons nous mettre autour de la table et peser les deux options ». Le vice-président du Royal Centre Nautique de Dinant, Lionel Naomé, ne nous en dira pas plus.
A quelques kilomètres de là, le bourgmestre d'Anhée, Luc Piette, fait quant à lui grise mine à l'idée d'une éventuelle marche arrière du RCND. « Il ne restait plus que quelques formalités à acter. Nous attendions pour janvier 2017 la signature du ministre des sports wallon pour les subsides. »
Et pourquoi pas un compromis à la belge pour ne froisser personne (et/ou pour éviter la concurrence d'un autre club d'aviron à quelques kilomètres de Dinant)? Les pros à Anhée, les amateurs à Dinant. Pas sûr toutefois que cette solution plaise à tout le monde.