Nature

Dinant : Marc Evrard photographie la faune sauvage, du brâme du cerf au martin-pêcheur

publié le:10/10/2025 00:00:00 - mis à jour: 11/10/2025 17:03:42

Installé à Dinant, Marc Evrard est spécialisé dans la photographie de gibier et animaux sauvages. Il peut passer des heures, camouflé de la tête au pied, pour capturer les instants de vie offerts par la nature.

À l'aube, Marc Evrard gare son quatre-quatre à l'orée d'un bois près de Rochefort et sort son matériel du coffre avec précaution. Comme pour chaque séance photo, il faut partir bien avant le lever du soleil, ou après son coucher.

Nous faisons de l'approche quand il y a peu de lumière parce que les animaux vivent et se déplacent la nuit. Ils profitent de l'obscurité pour manger. Donc on essaie de s'approcher d'eux le plus possible, avant qu'ils aillent se remiser. On part soit très tôt le matin, soit tard le soir. 

Équipé de tout son attirail, le photographe animalier s'enfonce dans les bois à pas de loup. Pour s'approcher au plus près de ses sujets, il brave la rosée du matin dans le silence le plus complet, camouflé de la tête au pied.

L'essentiel est d'essayer que l'animal sauvage ne puisse pas reconnaître l'être humain, car il est associé au danger. Donc je mets une couverture sur mon appareil photos en dessous de laquelle je peux me camoufler, afin de cacher ma silhouette. Je couvre également toute ma peau, pour éviter que l'animal ne me reconnaisse.

Un sanglier, un chevreuil ou un oiseau qui chante

Une fois installé en bordure d'un champ de maïs, les animaux ne tardent pas à se montrer. Un sanglier pointe le bout de son nez, avant de disparaître dans les hautes tiges de maïs, suivi d'un chevreuil. Une chance mais Marc Evrard peut parfois attendre plusieurs heures avant de déclencher son appareil photo. 

Je suis très patient, mais chaque seconde est importante. Chaque moment est précieux, même un oiseau qui chante. Hier, j'étais sur un poste de brâme du cerf et je suis resté toute la journée, de 6h à 16h. Grâce à la patience, je peux observer beaucoup de choses. J'ai pû assister à une saillie et un combat entre deux cerfs.

Le travail de Marc Evrard ne s'arrête pas après la période du brâme du cerf. Sa passion se poursuit tout au long de l'année, au fil des saisons. Cela fait maintenant presque dix ans que ce mécanicien s'est lancé dans la photographie animalière, après avoir cotoyé le monde de la chasse pendant un certain temps en tant que conducteur de chien à la recherche du gibier blessé. 

Au départ, j'étais attiré par le monde de la chasse pour pouvoir observer le grand gibier, qui est très difficile d'accès. Donc j'ai été conducteur de chien pendant une dizaine d'années. Pendant cette période, j'ai fréquenté énormément de territoires de chasse. Puis j'ai voulu passer à autre chose. J'ai choisi de faire de la photo pour partager ces moments avec le grand public. Cela me lie d'une manière différente à la nature.

Marc Evrard partage ses photos sur son compte Instagram. Il expose aussi son travail dans une petite galerie du centre-ville de Dinant (Rue Grande, 144) ouverte du vendredi au dimanche. 

(Toutes les photos de cet article sont signées Marc Evrard, D.R.)

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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