Ce dimanche, Dinant Montmartre a fêté ses 30 ans dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Nicolas. Entre 250 artistes, créations uniques et ambiance festive, retour sur trois décennies d'art accessible à tous.
Ce dimanche, le cœur historique de Dinant s'est métamorphosé en une immense galerie à ciel ouvert à l'occasion de la 30? édition de Dinant Montmartre. Des touches de peinture colorées sur les toiles aux odeurs de bois travaillé, les quartiers Saint-Roch et Saint-Nicolas ont vibré sous les yeux de nombreux visiteurs venus célébrer trois décennies de création populaire et accessible.
À l'origine, l'événement est né d'une volonté simple : insuffler de la vie dans un quartier autrefois très calme sur le plan économique. Créé par Alberto Serpagli, figure emblématique dinantaise également à l'initiative des régates de baignoires, le projet reposait sur des artistes qui se relayaient toutes les deux semaines, comme le retrace David Rivir, actuel président de l'ASBL Dinant Montmartre.
Frédéric Lurquin est ensuite venu le rejoindre pour donner ses lettres de noblesse à l'événement en en faisant un rendez-vous annuel centré sur la peinture et la recherche de qualité », retrace David Rivir, actuel président de l'ASBL Dinant Montmartre. Par la suite, Henri Bourdon a ouvert la manifestation à toutes les techniques artistiques pour lui apporter son caractère populaire et convivial.
Aujourd'hui, l'événement rassemble près de 250 créateurs inscrits dans les ruelles piétonnes de la ville. La magie opère aussi grâce à la solidarité des riverains qui ouvrent leurs cours et jardins privés pour accueillir les stands, souligne David Rivir.
Le quartier Saint-Roch et Saint-Nicolas est aussi extrêmement bien géré par son comité de quartier. Ils vendent de la sangria et réimplantent cet argent directement dans le quartier pour le fleurir et l'illuminer avec des loupiottes.
La fidélité des artistes séduits par la magie des lieux
Si l'événement attire une foule nombreuse, il crée aussi un attachement fort chez les exposants. Pour certains, le déplacement depuis la France est devenu un rituel annuel impériale. C'est le cas de Christine Pochylski, peintre amatrice venue de l'Hexagone.
Je viens de France, ça va faire 10 ans. Je reviens tous les ans pour l'ambiance et le fait de peindre dans les rues,c'est magique ! On se retrouve entre peintres, ça provoque des rencontres et c'est très convivial.
Pour cette passionnée, voir le succès de l'événement perdurer après 30 ans est une vraie satisfaction.
De la peinture aux arts de la terre et du papier
Au fil du temps, la manifestation a diversifié ses disciplines pour offrir un parcours riche en découvertes. La céramiste Anne Dujeux, qui travaille également le papier, participe à l'événement depuis une petite dizaine d'années après avoir été contactée par l'organisation pour apporter de nouvelles techniques.
La première particularité de mon travail, c'est que ce sont des pièces uniques en céramique ou en papier, je ne répète pas à l'infini les choses. Je reviens chaque année parce que l'endroit est très chaleureux et l'organisation excellente. On est tout près de la Meuse, il y a un passage énorme de visiteurs et d'amateurs de belles choses. Pour moi, c'est un rendez-vous où je me dois d'être.
L'artisanat d'art occupe une place de choix au cœur du parcours, incarnant un désir de retour aux sources et aux matières nobles. Reconverti dans le tournage sur bois après avoir été maçon, Michaël Philippe (alias "Philwood") participait cette année à son tout premier Dinant Montmartre. Installé devant son tour à bois pour des démonstrations en direct, il façonne des objets utilitaires du quotidien, assiettes, bols, cuillères en bois local.
Ça me tenait vraiment à cœur d'être présent pour les 30 ans. L'artisanat plaît de plus en plus : les gens ont envie de revenir aux sources, à la vraie matière. Le bois est local, on est au circuit le plus court possible. Devant le tour, c'est un métier solitaire et même thérapeutique où la matière est face à nous. Voir l'engouement du public autour de ces savoir-faire fait vraiment rêver.
Une équipe 100 % bénévole tournée vers l'avenir
Derrière la réussite logistique de cette grande fête populaire se cache une organisation rodée, portée exclusivement par l'engagement citoyen comme l'explique David Rivir.
Nous sommes une équipe de 13 bénévoles, on travaille toute l'année et on se réunit mensuellement chez les uns et les autres pour mélanger nos idées.
Et les projets ne manquent pas pour aborder la quatrième décennie de l'événement. L'organisation souhaite notamment créer des ponts et des synergies avec d'autres manifestations culturelles majeures de la cité copère, comme Dinant en Lumière. Un appel est d'ailleurs lancé aux nouveaux bénévoles motivés pour rejoindre l'aventure et continuer à faire vivre la création artistique dans les rues dinantaises.