Le chef de file de l'opposition LDB à Dinant Christophe Tumerelle réagit fortement aux projets de la majorité d'Axel Tixhon: "C'est un navire sans capitaine".
Lundi, vous avez commenté la déclaration de politique communale au conseil communal de la sorte": C'est une déclaration sans ambition, sans envergure, sans projet." C'est une déclaration sévère?
J'ai quand même cité un projet intéressant: l'implantation d'une auberge de jeunesse en centre-ville. En-dehors de cela, il n'y avait rien de concret, rien de chiffré. Il y a quand même eu une campagne avec des programmes électoraux de trois partis: je n'ai rien vu de ces programmes dans leur déclaration.
Au conseil, la majorité a rappelé qu'il leur était difficile de sortir de nombreux projets deux mois après leur installation.
Cette déclaration engage la commune pour six ans. Ils ont peut-être eu deux mois pour écrire cette déclaration mais ils ont eu six ans pour réfléchir à ce qu'ils voulaient faire pour la commune. A moins qu'ils ne se soient rendu compte que ce n'était pas réalisable financièrement. Je pense qu'il y a un blocage entre eux, ils ne sont pas d'accord entre eux, ils ne savent pas imposer 2 ou 3 projets au minimum.
On a beaucoup entendu Laurent Belot du PS au conseil qui affirmait que cette majorité était humble et allait se mettre au service des Dinantais.
Ils n'ont pas le monopole de l'intérêt des citoyens! Tous les projets à Dinant ont été faits au service des Dinantais. Les Dinantais ont renvoyé dos à dos le groupe ID et LDB, avec neuf sièges chacun. Faire croire que c'est eux qui ont été choisis par les Dinantais: non. Ils ont dû composer une tripartite, ce n'est pas si évident de dire qu'ils représentant les Dinantais.
La majorité propose de partir d'une page blanche sur le projet Mont-Fat. Votre réaction?
L'étét dernier, nous avons annoncé qu'on renonçait à ce dossier et qu'il fallait tout recommencer à zéro. C'est une décision qui avait été déjà prise.
Vous seriez prêt à discuter avec la majorité sur ce dossier?
Oui, ce sont des dossiers avec des enjeux importants, il faut essayer de se mettre d'accord par tout le conseil communal, tout comme le plateau de Wespin.
Vous avez senti un changement de style dans la gouvernance?
Il y a une rupture totale avec le bourgmestre omniprésent, j'ose le dire. Ici c'est une gestion à la papa, avec des charentaises et en peignoir, et un petit café près du feu. Nous avons une majorité qui consacre très peu de temps à la gestion communale, qui passe très peu de temps à la ville. Nous avons très peu de contacts avec le bourgmestre, qui n'a plus de secrétariat ni de permanence. Il faut envoyer un mail à la juriste de la Ville pour prendre RDV. Il n'y a pas de capitaine à la barre du navire et le citoyen se demande s'il y a quelqu'un qui dirige.
Le bourgmestre, au conseil, a répondu à cela qu'il préférait que l'administration lui propose des solutions techniques.
En effet, ils veulent engager un profil technique qui servira d'intermédiaire entre citoyens et politique. Ils donnent l'impression de se déposséder du pouvoir politique. Ils donnent plein pouvoir à l'administration et se retirent sur la pointe des pieds comme s'ils se disaient: on n'est pas si compétents que ça en tant que gestionnaires, alors on va laisser faire les fonctionnaires. Effectivement le fonctionnaire a une importance prédominante dans l'expertise sur les dossiers, mais le pouvoir politique a un rôle à jouer. Ici on constate que le pouvoir politique se met en retrait alors que leur cheval de bataille était d'être plus proche du citoyen.