Tourisme

Domaine de Chevetogne: la mise en régie suscite certaines craintes

publié le:07/09/2020 17:54:00 - mis à jour: 08/09/2020 17:29:51

Photo d'archives 2019

Le conseil provincial a voté la mise en régie ordinaire du Domaine de Chevetogne. Pour plus d'autonomie et une meilleure lisibilité des chiffres pour selon majorité. Mais le PS craint des coupes budgétaires.

Chevetogne ne deviendrait pas une régie autonome, selon la majorité provinciale MR-CDH-Défi, mais bien une régie qui reste dans le giron provincial. Le point a été voté vendredi dernier lors d'un conseil provincial virtuel, pour un passage effectif en 2022. Le système, selon cette majorité, permettra de lire les chiffres du domaine plus clairement, explique le conseiller provincial MR Jean-Marie Cheffert:

A l'heure actuelle, le déficit du domaine est de l'ordre de 4 à 4,5 millions €. Mais on ne sait pas identifier exactement dans les comptes où cela va exactement, en recettes, dépenses, en personnel, puisque tout cela est noyé dans le budget provincial. Le but est de pouvoir identifier ce que coûte et rapporte le Domaine provincial de Chevetogne, puisqu'il y aura cette régie, avec une dotation qui sera faite par la Province, mais avec un budget et des comptes.

Dans l'opposition, le groupe PS a quitté la séance virtuelle du conseil après le vote, pour marquer son mécontentement. Au-delà de la question de la régie, ce qui inquiète les socialistes, c'est que cela ne constitue un premier pas potentiel vers des coupes budgétaires, voire, craignent certains, vers une privatisation du domaine. Claude Bultot est conseiller provincial PS dans l'opposition:

Que va laisser la Province au Domaine de Chevetogne? Il y a quand même une grande nébuleuse, et il y a peut-être un agenda caché. Est-ce que certains rêvent de privatiser? C'est une crainte qu'on peut avoir. J'espère que ce n'est qu'une crainte. Chevetogne répond à un besoin social, alors si c'est pour dire demain: "Il faut doubler les prix et faire de l'élitisme dans la clientèle de Chevetogne"... Ce n'est pas l'objet.

Y aura-t-il des coupes dans le budget de Chevetogne? Pour la majorité, il y aura en tous cas nécessité de faire des économies dans le budget provincial global, notamment à cause du refinancement des services de secours. Quant à savoir où faire ces économies... Même si ce n'est pas à l'ordre du jour, Jean-Marie Cheffert explique que rien n'est tabou:

Dans le cadre des discussions sur l'avenir des Provinces, il n'y aurait de tabou sur aucun secteur. Il n'y en aura pas dans l'enseignement, dans le médico-social, au niveau du personnel, mais il ne doit pas y en avoir non plus spécifiquement sur Chevetogne.

Pour Claude Bultot:

Chevetogne, c'est un peu plus de 2% du budget provincial. Pourquoi Chevetogne en premier? Je pense qu'il aurait fallu avoir une image et une étude plus globales sur l'ensemble de ce que fait la Province.

Pour le directeur du Domaine Bruno Belvaux, régie ou pas régie, c'est aussi la question du financement dans le futur qui reste centrale. Selon lui, il ne faut pas oublier le rôle de moteur économique du domaine dans la région, comme celui d'exemple au niveau de sa gestion écologique:

Bien-sûr, ça peut continuer si on est en régie ordinaire, mais je pense que, plutôt que de dire qu'il faudra à terme diminuer le coût de Chevetogne, qui est de 4 millions par an, il faudrait peut-être l'augmenter, quand on voit les dizaines de millions que cela représente, avec les 400 à 450.000 visiteurs qui viennent, qui vont au restaurant, qui repassent acheter dans une boucherie ou qui passent 8 jours en gîte.

Nous sommes sociaux, nous sommes environnementaux et nous sommes économiques.

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

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