La planète se réchauffe. Une des pistes pour tenter d’enrayer cet engrenage consiste à développer les énergies renouvelables. Mais jusqu’où ? et comment ? Les réponses des partis.
Depuis juin 2023, tous les mois, la température moyenne du globe bat un nouveau record. En avril dernier, elle atteignait 15,03 degrés. C'est 1,58° au-dessus des moyennes de l'ère préindustrielle (1850-1900).
Or, en 2015, lors de l'Accord de Paris sur le climat, 195 pays s'étaient engagés à « maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale à un niveau bien inférieur à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts pour limiter l'augmentation de la température à 1,5°C ». L'Union européenne, pour sa part, s'est fixé l'objectif d'atteindre des émissions nettes nulles et donc la neutralité climatique d'ici 2050.
En Belgique, les émissions belges de gaz à effet de serre ont diminué à un rythme annuel de 0,88 % depuis 1990 mais, selon les experts, pour parvenir à l'objectif « zéro carbone » en 2050, il faudrait les réduire de 9 % par an. Autant dire qu'on est loin du compte.
Une des pistes privilégiées pour tenter d'y parvenir consiste à développer les énergies renouvelables. En 2023, le mix énergétique de la Belgique se composait comme suit :
- Panneaux solaires : 9,5%
- Éoliennes (terrestres et off-shore) : 18,7%
- Nucléaire : 41,3%
- Gaz : 25,2%
A noter que le solaire et l'éolien sont en augmentation par rapport à 2022 (+25%). (Chiffres Elia)
Tout le monde est pour, mais…
Forcément, développer les énergies renouvelables, personne n'est contre. Comme toujours, tout est dans le positionnement du curseur : entre ceux qui avancent des chiffres ambitieux et ceux qui prônent la prudence, il y a plus que des nuances.
Quatre partis avancent des promesses chiffrées :
PTB : En 2030, au moins 70% de production d'électricité issue des énergies renouvelables grâce à « une approche planifiée et à des investissements publics massifs ». Le chiffre est donc extrêmement ambitieux : en 2023, l'éolien et le solaire représentaient 28,2% du mix énergétique belge.
Le PTB s'engage aussi à réduire de moitié notre consommation d'énergie d'ici 2050 grâce à des investissements publics dans les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments et les transports publics.
Les Engagés veulent multiplier par 5 la production d'électricité à partir de sources renouvelables ou décarbonées.
Les Engagés proposent la recette du « Quatre quarts » : si ce que nous consommons aujourd'hui correspond à 100, en 2050, nous tablons sur au minimum 25 d'économies d'énergie, 25 d'électricité renouvelable, 25 de nucléaire et 25 de combustibles et de chaleur renouvelable (biogaz, bio-fuel, carburants de synthèse, hydrogène, bois...). Pour les centristes, 25% d'énergie nucléaire seront nécessaires dans le mix énergétique parce que les énergies renouvelables sont saisonnières.
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ECOLO s'engage 100% énergies renouvelables en 2050 et 30% en 2030. Il promet aussi la fin du nucléaire.
ECOLO veut diminuer notre consommation énergétique de moitié d'ici 2050 grâce à des mesures d'efficacité et une évolution de nos habitudes vers plus de sobriété énergétique. Pour les Verts, c'est aux autorités publiques qu'il incombe de financer la transition et de mettre en place les infrastructures nécessaires. Dans un impératif de justice sociale, les plus fortunés et les grandes entreprises fourniront les efforts complémentaires les plus conséquents.
Le PS vise aussi 100% d'énergies renouvelables en 2050.
Les socialistes veulent décarboner la production d'énergie et promouvoir la sobriété énergétique afin d'atteindre le 100 % renouvelable d'ici 2050 et de réduire la demande énergétique. Le PS souhaite que l'accès aux énergies renouvelables soit socialement équitable et veillera à ce que la réduction de la demande n'affecte pas les citoyens les plus vulnérables.
MR et DéFI : pas d'engagement chiffré
Le MR et DéFI ne font pas de promesses chiffrées en matière d'énergies renouvelables.
Pour DéFI, il faut développer les énergies renouvelables au maximum mais le 100% en 2050 est un mythe irréaliste.
Partant du constat que les pays européens ont des topographies et des sources d'énergie variées, à différents moments de la journée et de l'année, DéFI appelle à la création d'un marché commun de l'énergie et du climat, sous la forme d'un nouveau « traité de Rome » du renouvelable qui tirerait parti de nos différences climatiques sur le plan géographique.
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Le MR veut, pour sa part, réussir aujourd'hui le défi du climat avec sécurité, science et innovation tant dans les énergies renouvelables que dans le déploiement du nucléaire pour que demain les générations futures bénéficient d'une énergie fiable, accessible dans un monde décarboné.
Pour les énergies renouvelables, les Bleus ont deux priorité l'éolien off-shore et le photovoltaïque.