Santé

Houyet : hypersensible aux ondes électromagnétiques, Hélène a dû fuir Bruxelles

publié le:05/07/2022 11:52:00 - mis à jour: 06/07/2022 13:50:39

Hélène Blesch, violoncelliste professionnelle, souffre d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques: les ondes GSM, wifi, etc lui sont insupportables. Ce qui l'a obligée à déménager à la campagne.

Hélène Blesch est porteuse du Syndrôme de l'EHS, l'électro hypersensibilité. Elle a diagnostiqué ce mal elle-même et l'attribue aux ondes électromagnétiques. C'est ce qui a justifié son départ de Bruxelles pour une zone qu'elle estime moins polluée par ces ondes, une résidence dans la campagne à Houyet. Elle décrit ce syndrôme:

On ne supporte plus les rayonnements des antennes gsm, le wifi, le bluetooth, en fait, toutes les technologies sans fil.

Elle décrit des maux de tête, des insomnies, de la fatigue, des difficultés de concentration et des acouphènes. C'est juste après le premier confinement, qu'Hélène a fait le lien entre ces symptômes et les ondes électromagnétiques.

J'avais un énorme acouphène. Je ne savais pas que c'était un acouphène. Je pensais que c'était une vibration d'un ventilateur des voisin ou d'une VMC ou d'un frigo ou quelque chose d'autre. Puis je me suis rendu compte que partout où j'allais, ce bruit me suivait. Ce n'était pas seulement chez moi. Donc, c'était quelque chose dans ma tête. Et puis, de fil en aiguille, je me suis demandée de quoi ça pouvait venir. Et en faisant mes recherches, je me suis rendue compte que c'était un des symptômes de l'électrosensibilité. 

Les scientifiques sont divisés

La problématique divise la communauté scientifique. Aucune étude approfondie ne prouve la nocivité de ces ondes sur les humains, comme le confirme le docteur Naïma Deggouj, médecin ORL aux cliniques universitaires St Luc:

C'est une notion discutée, parce qu'on s'est rendu compte, chez certaines personnes, pas toutes, qu'elles peuvent avoir un profil global, et, entre autres, un profil psychologique particulier. Et ça rentre dans le cadre de ce syndrôme, quand il est décrit. Ce sont des personnes dont le corps est devenu hyper sensible, pense-t-on (il n'y a pas de certitude) aux champs électromagnétiques importants. On est dans des champs électromagnétiques tout le temps, quand on vit sur la terre. On le sait bien, ce sont des ondes électromagnétiques naturelles. Ce qu'il y a, c'est qu'il y en a beaucoup plus maintenant, avec nos activités humaines et avec notre connectivité actuelle.  

Grâce aux nouvelles technologies des tests par résonance magnétique, on a pu montrer, en laboratoire, que les champs électromagnétiques ont un impact sur des cellules et sur des petits rongeurs. Le Docteur Deggouj poursuit: 

Ce qui est difficile à apprécier, de manière complètement indiscutable au niveau scientifique, c'est, à l'échelle humaine, sur l'ensemble de la population. Est-ce qu'on a réellement des impacts indiscutables? C'est discutable.   

Hélène a dû modifier son quotidien...

Quoi qu'il en soit, Hélène a dû modifier son quotidien pour pouvoir continuer à vivre relativement normalement. 

Dans la cuisine, je n'ai pas de micro-ondes. J'ai le moins possible d'appareils électriques. J'ai des taques au gaz à l'ancienne, surtout pas d'induction ni de vitrocéramique. J'ai dû renoncer.  

Renoncer et adapter ses appareils, téléphones, modem, chargeurs, réveil pour se protéger des ondes de basses et de hautes fréquences qu'elle ressent comme préjudiciables. Et quand elle doit sortir et prendre la route, Hélène enfile une cagoule de protection anti ondes.

... et renoncer à une carrière de musicienne classique

En tant que musicienne professionnelle, Hélène a fait une croix sur les activités en ville, les répétitions et les concerts. Elle continue à enseigner l'instrument tout en réfléchissant à une nouvelle tournure à donner à sa carrière de musicienne classique.  Et puis, elle souhaite vivement qu'on protège les jeunes générations de ces ondes au potentiel invisible. Le docteur Naïma Deggouj continue:

On doit certainement être prudent. On doit être méfiant. On doit continuer à lancer des études. mais les publications générales montrent toujours des tendances, mais, il y a chaque fois, au niveau méthodologie, des biais. Donc, on ne peut pas dire que c'est indiscutable. 

Actuellement, Hélène espère une stabilisation de sa situation et, au mieux, une amélioration.

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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