Environnement
Éoliennes de Bièvre : un impact sur la faune modéré mais surveillé
publié le:21/05/2025 17:19:00 - mis à jour: 22/05/2025 11:38:42
Quinze ans après l'installation de sept éoliennes à Bièvre, un suivi environnemental est actuellement réalisé. L’objectif est notamment de déterminer l’impact des turbines sur les oiseaux.
Depuis quinze ans, les sept éoliennes de Bièvre marquent le paysage. Mais comme partout ailleurs, leur présence soulève aussi des questions, notamment sur leurs effets potentiels sur la faune sauvage.
Un suivi environnemental a été lancé l'an dernier pour évaluer l'impact du parc sur les oiseaux, chauves-souris et autres espèces sensibles. L'étude durera trois ans mais les premières observations sont plutôt rassurantes : les perturbations semblent limitées. Il y a malgré tout un effet d'évitement des animaux. Arnaud Collard, chargé de mission chez Faune et Biotopes, participe à cette étude.
Un oiseau ou une chauve-souris va se rendre compte quand on monte les éoliennes, qu'il y a quelque chose qui change dans son environnement. Évidemment, plus le parc est grand, plus il y a potentiellement un effet de méfiance, donc des espèces vont se dire on ne va peut-être plus passer par là parce qu'on ne connaît pas, on ne sait pas ce qui se passe.
Des zones compensatoires pour favoriser la biodiversité
En parallèle, des mesures ont été mises en place pour compenser l'impact écologique des éoliennes. Douze zones naturelles ont été créées à proximité du site. Certaines parcelles ont été défrichées, notamment en enlevant des résineux, pour créer des milieux plus ouverts. Objectif : recréer des habitats favorables à une plus grande diversité d'espèces. Amandine Delalieux, également de Faune et Biotopes, explique :
On va pouvoir accueillir des papillons, mais aussi davantage d'espèces d'oiseaux. On ne se limite plus aux espèces forestières, des oiseaux des milieux semi-ouverts peuvent maintenant s'y installer.
La création de ces zones va aussi permettre l'arrivée de plantes typiques des paysages de landes, mais aussi des insectes rares et des oiseaux peu communs à l'échelle wallonne. C'est particulièrement le cas de la cigogne noire. Cette espèce protégée, qui fréquente la région de Bièvre, a pu s'adapter en se nourrissant dans les zones humides proches du parc. Pour Luminus, l'opérateur des éoliennes, il est essentiel d'assurer un suivi rigoureux. Lorenz Leyssens, responsable biodiversité chez Luminus, insiste :
On est conscient que l'éolien peut avoir des impacts. C'est important pour nous d'assurer un bon équilibre et de vérifier que les espèces reviennent autour du parc. On veut être un acteur responsable.
De nouvelles zones compensatoires pourraient être créées à Bièvre. Car Luminus a pour projet de remplacer les sept turbines existantes et d'en ajouter quatre supplémentaires.