Toponymie

ex cathedra : Le loup, terreur du Moyen Âge, a laissé son nom partout dans nos campagnes

publié le:17/12/2025 13:30:00 - mis à jour: 17/12/2025 13:42:13

Photo d'illustration : Milo Weiler (Unsplash)

Jean Germain présente une conférence intitulée « J’entends le loup, le renard et la belette ».

Même s'il emprunte le titre de sa conférence à une célèbre chanson du folklore breton, Jean Germain ne va pas pousser la chansonnette dans cette conférence. Non, il va nous parler d'un de ses nombreux domaines de compétence : la toponymie et même de microtoponymie. 


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Linguiste, spécialiste du wallon et donc de la toponymie, Jean Germain s'intéresse cette fois aux noms des champs, ruelles et lieux-dits qui parsèment nos campagnes. Bon nombre d'entre eux tirent leur origine de noms d'animaux. 

Le loup, star incontestée de la microtoponymie

Au hit-parade de la microtoponymie, le loup est sans conteste numéro 1. Présent dans pratiquement chaque village, il occupe "une place majeure dans notre univers mental". Cette omniprésence s'explique, selon Jean Germain, par "les craintes suscitées par cet animal que le Moyen Âge occidental a identifié au démon en personne".

Cependant, ne cherchez pas nécessairement te terme "loup" dans les textes anciens, les formes wallonnes "leu" ou "leû" persistent dans les archives anciennes. Le mot "loup" ne s'impose qu'à partir des XVIIe-XVIIIe siècles. 

On trouve le loup souvent associé à des endroits inhospitaliers ou dangereux. Jean Germain relève des centaines de mentions : fosses au loup, trous du loup, bois du loup, haies du loup, chemins du loup, fontaines du loup... 

Certains noms témoignent aussi de pratiques ancestrales, comme les "chênes du loup" qui rappellent la coutume de pendre le cadavre de l'animal pour éloigner ses congénères. 

Le renard et son complice le blaireau

Le renard apparaît "nettement moins que le loup malgré sa présence qui est plus prégnante dans nos bois et dans nos poulaillers ". On trouve néanmoins des "trous de renard", "bois de renard" et des "queues du renard" qui désignent souvent une terre en pointe.

L'ancien nom du renard, le "goupil", et ses dérivés subsistent aussi dans la microtoponymie.  

Le blaireau, appelé "taisson" ou "tasson" en wallon, est considéré comme le cousin du renard. Les deux animaux ont l'habitude de partager leurs gîtes, de gré ou de force mais ils diffèrent dans leurs modes de vie et leurs comportements : le renard est un prédateur alors que le blaireau est végétarien et donc considéré comme plus "pacifique". 

Les dérivés de taisson, du type tassonière, sont très fréquents en microtoponymie.

Conférence enregistrée au centre culturel de Dinant, le 22 novembre 2025

Production : Centre Culturel de Dinant, Université du Temps Libre de Dinant et Enéo 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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