Pompiers
Exercice catastrophe à la Collégiale de Dinant
publié le:19/10/2024 17:13:00 - mis à jour: 20/10/2024 20:46:25
Comment sauver le patrimoine religieux d'un édifice comme la Collégiale de Dinant en cas d'incendie ? Les pompiers de la zone de secours Dinaphi s’y préparent, ils ont réalisé un exercice grandeur nature.
Alerte au feu à la Collégiale de Dinant. Les pompiers déploient le canon à eau pour éteindre l'incendie qui s'est déclaré au sommet de l'édifice réligieux. Rassurez-vous, ceci est le scénario fictif de l'exercice grandeur nature qui s'est déroulé ce samedi matin au pied de la citadelle, explique Gatean Bouve, le lieutenant qui coordonne l'opération.
On a simulé un départ de feu dans la toiture. On a donc été appelés pour une fumée suspecte, avec un départ type : auto-pompe, citerne, échelle et un officier. Puis, il s'est avéré que le feu était conséquent donc on va voir comment on peut progresser dans le bâtiment.
Une première équipe de pompiers entame l'ascension des tours de la Collégiale pour aller secourir une victime dans les combles en priorité. Dans les passages sombres et étroits, une ligne de vie leur permet de se repérer. L'adjudant Kevin Pigneur est le responsable de l'intervention.
La difficulté de l'environnement, c'est le fait que l'édifice est complètement inconnu de notre part et très exigu. Et la présence accentuée de fumée fait qu'il est encore plus compliqué de se repérer.
Opération sauvetage du patrimoine
Une fois les victimes sauvées et les moyens d'extinction déployés, place à la deuxième phase de l'exercice : le sauvetage du patrimoine religieux. Les pompiers commencent par évacuer le buste de Saint-Perpète, une œuvre classée qui représente le trésor de la Collégiale, précise Christian Pacco, président de la fabrique d'église de la Collégiale.
On a établi la liste des oeuvres d'art qu'il fallait sauver et dans quel ordre de priorité. Le buste de Saint-Perpète, qui a une valeur artistique considérable et une valeur identitaire en tant que saint patron de la Collégiale, figure en haut de cette liste.
Cet exercice catastrophe est une grande première en Wallonie, note Léopold Detreppe, responsable de projets sécurisation et planification d'urgence au Cipar (Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts). Il vise à améliorer la coordination entre les services d'urgence et les gestionnaires de sites patrimoniaux.
La sensibilisation des gestionnaires de patrimoine à la planification d'urgence existe déjà depuis quelques années mais elle a été accélérée avec l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, puis avec les inondations de 2021. Par la suite, en 2022, la Fédération Wallonie-Bruxelles a obligé les gestionnaires de patrimoine à avoir un plan d'évacuation de leurs biens culturels.
A la Collégiale de Dinant, le dernier incendie remonte à 1914, il avait détruit le bulbe et toute la toiture de l'édifice. Un souvenir lointain que les différents participants de cet exercice espèrent ne jamais se reproduire.