"Faut-il un malabar pour accueillir les personnes fragilisées?"
publié le:27/11/2015 12:57:33 - mis à jour: 27/11/2015 13:20:43
Le conseiller CPAS Antoine Rosier réagit à la déclaration du président Frédéric Rouard qui envisage de placer un vigile à l'entrée du CPAS de Dinant pour sécuriser le personnel.
- "On ne peut pas laisser la situation telle qu'elle est. Les assistantes sociales et tout le personnel du CPAS font un travail formidable. Elles ont de plus en plus de dossiers à traiter, de plus en plus d'allocataires. On ne peut pas laisser des membres du personnel se faire agresser. Maintenant, quelles mesures faut-il mettre en place? Un CPAS est un endroit d'ouverture, de tolérance, qui veut rendre de la dignité aux personnes qui la demandent. Ces personnes les plus fragilisées de la commune vont être accueillies par un malabar, armé ou non, un parlophone, une porte blindée? Dans le contexte actuel où le CPAS manque de moyens pour réaliser ses missions, je ne sais pas si c'est en investissant dans ce genre de répression qu'on va améliorer les choses.
- Je ne prétends pas arriver avec des solutions. J'en suis au stade du conseiller qui apprend via la presse que des mesures vont être mises en place au nom du conseil, qui n'a pas été consulté. Je n'ai pas d'idée précise mais j'aimerais en discuter en commission. J'apprends que le président Rouard explique qu'on a tout essayé. J'aimerais savoir ce qui a été essayé. J'aimerais quon entende les asistantes sociales ce qu'elles vivent et ce qu'elles en pensent.
- Il est facile de dire qu'il y a un problème d'agressivité, et de réagir sous le coup de l'émotion en imposant plus de sécurité. Je veux dire: attention, ne soyons pas victimes de nos émotions, réfléchissons. En tant que jeune Dinantais, je me pose la question: dans quelle commune ai-je envie de vivre? Dans une commune où il y a des caméras de surveillance à tout bout de rue? Dans une commune qui va mettre des vigiles pour accueillir des personnes dans le besoin? Soyons vigilants à la dérive sécuritaire."