La Fédération Wallonie-Bruxelles a acté la fin de ce dispositif mis en place il y a trois ans, dont bénéficient plus de 55.000 élèves. Pour les écoles concernées, cette mesure marque un sérieux pas en arrière.
Comme chaque midi, les élèves de l'école Sainte-Marguerite de Jemelle prennent la direction du réfectoire pour aller dîner. Au menu, aujourd'hui, les enfants ont droit à une soupe puis des pâtes au fromage. Depuis deux ans, l'école propose des repas chauds et complets gratuitement dans l'enseignement maternelle et primaire. Résultat : une quarantaine d'enfants mangent tous les jours à la cantine, comme Thiana.
Avant, je mangeais tout le temps des tartines. Maintenant, je mange tout le temps complet, sauf quand je n'aime pas, parce que je déteste les légumes !
Mais dès la rentrée prochaine, il n'y aura plus de repas gratuit à l'école. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de faire de lourdes économies dans ce dispositif, qui avait été mis en place dans plus de 400 implantations scolaires. Une mesure déplorée par Camille Grégoire, directrice f.f. de l'école Sainte-Marguerite de Jemelle.
Proposer un repas gratuit était un plus pour notre école. On va devoir informer les parents que ce ne sera plus possible à partir de l'année prochaine ou qu'ils vont devoir payer, mais cela représente un certain coût. C'est un peu décevant car on essaie de mettre plein de projets en place dans l'école et en même temps, on nous retire d'autres choses. On fait un pas en avant mais aussi un pas en arrière, donc on stagne.
Marche arrière pour les écoles plus défavorisées
Une cinquantaine d'organisations dénoncent ce pas en arrière, dont la Ligue des Familles. Merlin Gevers est chargé d'étude à la Ligue des Familles :
Il n'est pas normal, pour faire des économies, d'aller chercher dans les dispositifs qui viennent en aide aux enfants les plus défavorisés. Cette mesure s'adressait aux écoles avec un indice socio-économique de 1 à 5, qui représentent 25% des écoles maternelle et primaire avec les familles les plus précarisées. Les repas gratuits étaient très importants pour les enfants de ces écoles qui, malheureusement, arrivent souvent le ventre vide à l'école ou pour qui le repas scolaire est le seul repas chaud de la journée.
Un soutien des communes
Certains établissements, comme l'école communale de Jemelle, vont recevoir un soutien financier de la commune pour pouvoir continuer à proposer des repas abordables. Selon Vanessa, échevine de l'enseignement à Rochefort, le prix des repas y sera fixé à 2,5 euros dans le primaire et 2 euros dans le maternelle.
Mais l'école Sainte-Marguerite, qui fait partie de l'enseignement libre, reste plongée dans l'incertitude, note la directrice de l'établissement.
Est-ce qu'on va toujours proposer des repas chauds ? Est-ce que les parents seront toujours preneurs si on les facture ? On doit prendre cette décision avec notre PO. Mais il est vrai qu'on a peu de temps pour se retourner.
Au total, 55.300 élèves sont concernés par la fin des repas scolaires gratuits en Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans notre arrondissement, on pense notamment à l'Athénée Royal de Dinant ou l'école Notre-Dame de Bonne Garde à Yvoir.