Brad Pitt est de retour! Dans "Heart of the Beast", il campe un ancien militaire perdu dans les forêts de l'Alaska. Pour survivre, il peut compter son chien Odin, mutilé par la guerre. A Gedinne ce samedi.
La sélection de la semaine et les avis d'Anne-Sophie Vandevoorde du Ciné Gedinne :
- "Heart of the Beast" de David Hayer, avec Brad Pitt et Uber le chien : en sortie nationale au Ciné Gedinne le samedi 26 septembre à 20h15 et le dimanche 27 septembre à 15h50
Après un terrible crash d'avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l'Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu'impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.
Après "Fury", David Ayer et Brad Pitt sont à nouveau réunis dans ce film à la fois d'action et contemplatif qui explore la relation très forte entre un homme et son chien de combat.
Ils vont devoir s'entraider et surmonter leur stress post-traumatique de la guerre pour parvenir à survivre. Les paysages, à couper le souffle, d'Alaska ont été tournés … en Nouvelle Zélande.
- Notre salut" d'Emmanuel Marre, avec Swann Arnauld : en sortie nationale au Ciné Gedinne le mercredi 30 septembre à 17h15
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l'opportunité de trouver enfin la place qu'il mérite.
Dans sa valise, son traité politique édité à compte d'auteur, "Notre Salut", où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : "gagner en efficacité" pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu'Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
L'histoire est inspirée de la vie des grands-parents du réalisateur Emmanuel Marre. Le film, Prix du scénario au dernier Festival de Cannes, aborde avec beaucoup de finesse le sujet sensible de la collaboration. Il montre comment des gens "normaux" glissent vers l'inacceptable sans s'en rendre compte.
C'est un film de grande qualité de réalisation, avec beaucoup d'audace. Il a été tourné caméra à l'épaule en lumière naturelle, comme un documentaire. La bande son tranche avec les codes du film d'époque en intégrant des morceaux électroniques ou des tubes des années 80.
- "Les enfants vont bien" de Nathan Ambrosioni, avec Camille Cottin, Monia Chokri, Juliette Armanet : au Centre Culturel de Ciney le mercredi 30 septembre à 20h
Un soir d'été, Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa soeur Jeanne. Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même.
Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa soeur. La sidération laisse place à la colère lorsqu'à la gendarmerie Jeanne comprend qu'aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître...
Le ton du film est empreint de simplicité et de sobriété : plutôt que les effets dramatiques appuyés, Ambrosioni choisit un cinéma "à échelle humaine", jouant sur les silences, les gestes, les regards.
Le film interroge les liens familiaux, la responsabilité, l'absence, sans chercher à imposer de jugement moral.
Camille Cottin incarne Jeanne avec intensité : dans un rôle complexe, elle navigue entre surprise, peur, acceptation et puissance. C'est Juliette Armanet qui joue le rôle de Suzanne.
La réalisation réussit à capturer la perturbation d'une vie bien rangée : Jeanne, qui n'avait jamais voulu d'enfants, doit soudain faire face à un bouleversement. Le film montre comment le quotidien bascule sans tomber dans la surenchère.