Avec "Disclosure Day", Steven Spielberg revient à son thème de prédilection : les extraterrestres. C'est apparemment son meilleur film depuis 20 ans. En sortie nationale au Ciné Gedinne le mercredi 10 juin.
La sélection de la semaine et les avis de Julien Collard du Ciné Gedinne :
- "Disclosure day" de Steven Spielberg avec Emily Blunt, Josh O'Connor, Colin Firth : en sortie nationale au Ciné Gedinne le mercredi 10 juin à 20h15
Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l'inévitable… Disclosure Day.
Le réalisateur du culte "Rencontres du troisième type" en 1977 s'attèle une nouvelle fois aux extraterrestres, une première depuis "La guerre des mondes" (2005), et la découverte que nous ne sommes pas seuls dans l'univers.
Écrit par David Koepp (Jurassic Park, Mission Impossible, Spider Man) et porté par un casting en or réunissant Emily Blunt, Josh O'Connor, Colman Domingo et Colin Firth, le blockbuster atteint les 115 millions de dollars de budget.
C'est apparemment le meilleur Spielberg depuis 20 ans. Les premiers commentaires (très peu de personnes ont vu le film dont la sortie est verrouillée) parlent d'un film phénoménal, un coup de maître avec un scénario à mi-chemin entre X-Files et La Bible. Rien que ça!
- "Amrum 1945" de Fatih Akin, avec Jasper Billerbeck, Laura Tonke, Diane Kruger : en sortie nationale et en VOST au Ciné Gedinne le jeudi 11 juin à 20h15
Printemps 1945, sur l'île d'Amrum, au large de l'Allemagne. Dans les derniers jours de la guerre, Nanning, 12 ans, brave une mer dangereuse pour chasser les phoques, pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir la famille.
Lorsque la paix arrive enfin, de nouveaux conflits surgissent, et Nanning doit apprendre à tracer son propre chemin dans un monde bouleversé.
Blond comme les blés, le gamin ne s'aperçoit pas tout de suite qu'il a grandi dans une famille où le mal était la norme.
La fable n'est pas loin. Elle s'ancre dans une réalité locale, champs balayés par les vents, discours à la radio, réfugiés débarquant en charrette, cadavre d'un parachutiste sur la plage.
L'innocence ne durera pas. Le voilà bientôt déchiré, ne sachant que faire de sa fidélité à ceux qui l'ont élevé. Adulte à 12 ans, Nanning va découvrir que sa famille n'est pas du bon côté de l'histoire.
Il remplace son père, officier nazi engagé sur le Continent dans un combat désormais perdu. Il aide sa mère enceinte, toujours sympathisante d'Hitler, même après sa mort.
Chef-d'œuvre bouleversant, empreint de classicisme et de pudeur, le film s'attaque avec beaucoup de subtilité et de nuance à des thèmes universels : enfance, altérité, innocence, guerre, préjugés…
L'île est un personnage à part entière avec ses décors. Fatih Akin a su la filmer, avec tendresse et distance. Résultat : une succession impressionnante de tableaux, accompagnés d'une musique "naturelle".
- "Nino" de Pauline Loquès, avec Théodore Pellerin : au Centre Culturel de Ciney le mercredi 17 juin à 20h
Au hasard d'un examen médical a priori anodin, Nino, 28 ans et des airs de grand gamin maladroit, apprend qu'il est atteint d'un cancer et qu'il doit entamer une chimiothérapie dans quelques jours et apporter (en cas de guérison) dans les plus brefs délais un échantillon de sperme au service concerné.
Incroyable sensation de douceur à la vue de ce premier long-métrage pourtant bâti sur la gravité. Gravité d'apprendre un diagnostic de cancer.
Le film touche et fait mouche, car il dépasse le simple sujet à thèse, pour revendiquer sa singularité par l'écriture romanesque et par la mise en scène. L'art de Pauline Loquès s'avère le fin entrelacement des sons, images, mots et silences, pour décoller du naturalisme.
Sans chichis et avec une délicatesse infinie, Pauline Loquès raconte la force par la singularité. Accueillir l'inconnu, annoncer une mauvaise nouvelle, se regarder en face, se reconnecter à soi.
L'acteur Théodore Pellerin irradie sans forcer. Il a très justement reçu le prix de la révélation à la Semaine de la Critique à Cannes.
Le personnage de Nino est inspiré d'un des proches de la réalisatrice, Romain, à qui le film est dédié. Il est décédé d'un cancer à 37 ans. C'est dans le but de retrouver l'espoir que Pauline Loquès s'est mise à écrire cette histoire.