Justice

Houyet en justice contre les ex-gestionnaires du camping : Sébastien Rouard contre-attaque

publié le:18/10/2022 15:07:00 - mis à jour: 21/10/2022 12:56:19

Houyet a décidé d’aller en justice contre les anciens gestionnaires du camping communal. Aujourd’hui, Sébastien Rouard réagit et se défend de toute malhonnêteté.

Sébastien Rouard, un des deux gestionnaires de la sprl La Familiale, sort pour la première fois de sa réserve suite à la décision de Houyet de l'attaquer en justice. Il réfute les accusations de la commune et contre-attaque.

 

Pour rappel, lors du dernier conseil communal, Houyet a décidé de porter devant la justice le litige qui l'oppose à La Familiale, gestionnaire du camping communal jusqu'au 31 décembre 2021. La commune reproche notamment à Sébastien et Laurent Rouard, les ex-gestionnaires, d'avoir perçu des indemnités (on parle de 26.000€) des assurances dans le cadre des inondations ; indemnités qui, selon la commune, lui revenaient.

 

>>> A LIRE AUSSI : Houyet en justice contre les anciens gestionnaires du camping communal

 

Sébastien Rouard se défend de toute malhonnêteté, les 26.000€ contestés sont déposés sur un compte :

 

Si la justice dit qu'on doit les payer, on les payera, on n'est pas des voleurs. On n'a pas reversé les 26.000€ parce que l'on s'est dit que si on les payait, on ne récupérerait jamais rien.

En effet, Sébastien Rouard ne fait pas que se défendre, il contre-attaque. Selon lui, la commune a perçu des indemnités pour un chalet emporté par les flots. Si le chalet appartenait bien à la commune, son contenu appartenait aux Rouard, Houyet aurait donc dû reverser une partie de la somme à La Familiale.

 

« C'est compliqué »

 

Sébastien Rouard affirme avoir déjà reversé une partie des indemnités reçues à la commune. Maintenant, il souhaite que les deux parties prennent le temps de démêler les comptes pour savoir à qui revient quoi.

 

C'est très compliqué de s'y retrouver. Les assurances sont intervenues mais après délai. Ce n'est pas facile de savoir quel montant couvre quoi. La commune a touché des sommes qu'elle n'aurait pas dû recevoir. On a déjà rétrocédé des sommes à la commune, mais quand elle a réclamé les 26.000€ pour les sanitaires, on s'est dit stop, on s'arrête et on se pose. Nous aurions voulu que notre avocat trouve une conciliation avec l'avocat de la commune.

 

Selon Sébastien Rouard, La Familiale serait également en droit de réclamer des indemnités à la commune. Après les inondations, sa société louait un outil qui n'était plus fonctionnel tout en devant en assumer les charges, elle pourrait donc prétendre à une indemnisation.

 

Litige autour du loyer de 2021

 

Sébastien Rouard met sur la table un autre problème : le loyer (appelé canon dans le cadre d'un bail emphytéotique) dû pour l'année 2021. Son montant s'élève à un peu moins de 20.000€. Les Rouard ne l'ont pas payé pour 2021, la commune le leur réclame pour toute l'année, y compris pour la période post-inondations.

 

Le canon était assuré. A partir du moment où le locataire ne sait pas payer, les assurances ont remboursé la commune. Or, elle nous les réclame. Elle s'est même servie sur les 12.500€ de la garantie locative pour se payer. En plus, pendant la période Covid, nous n'avons eu aucune facilité, aucune aide de la part de la commune. On a dû payer le canon comme d'habitude.

Un bazooka pour tuer une mouche ?

 

Quand il fait les comptes, Sébastien Rouard arrive à un litige de quelques milliers d'euros tout au plus. Il ne peut s'empêcher de s'interroger sur la raison qui pousse Houyet à aller en justice pour si peu.

 

Monsieur Marot (NDLR: l'échevin des Finances) rameute ses troupes. Il fanfaronne au conseil communal pour quelques milliers d'euros. Qu'est-ce qu'il faut en penser ? Qui plus est, l'avocat de la commune est payé par le contribuable houyètois. Cette décision est démesurée. S'il était question de dizaine de milliers d'euros, je comprendrais mais là… J'habite la commune, mon frère aussi. On y paie nos impôts. On a des droits et le premier droit, c'est le respect. Il n'y a pas de malhonnêteté de notre part.

A la question de savoir si ce dossier est parasité par des considérations politiques (les gestionnaires étant les frères de Didier Rouard, chef de file de l'opposition), Sébastien Rouard refuse d'entrer dans cette polémique même s'il affirme ressentir, depuis le début, que les Rouard « dérangent ».

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30