Insolite

Une rage room pour tout casser à Warnant

publié le:18/06/2026 12:48:00 - mis à jour: 19/06/2026 10:33:08

À Warnant, dans la commune d'Anhée, une rage room vient d'ouvrir ses portes. Le concept est unique dans notre région : une pièce où l'on peut tout casser, ou presque.

Un quart d'heure pour éclater, défoncer et broyer toute une série d'objets... Le principe est assez surprenant : il bouscule les codes et brave les interdits. Pourtant, il procure une sensation particulièrement agréable aux participants, à l'instar de Sophie, qui n'y est pas allée de main morte pendant quinze minutes :

C'est libérateur, en fait, parce qu'on peut évacuer tout ce qu'on ressent sur des objets. Moi, je l'ai faite seule, donc ça fait du bien, ça détend et ça permet de relâcher la pression.

Un nouveau concept chez nous

Le concept n'est pas nouveau. D'origine japonaise, il existe depuis la fin des années 2000. En Belgique, les rage rooms sont encore rares et plutôt réservées aux grandes villes. Autant dire qu'en zone rurale, et dans notre région, il s'agit d'une première.

Jérémie Foulon, co-gérant :

Il y a des gens qui se retiennent beaucoup. Ici, c'est vraiment l'endroit où l'on peut faire ce qu'on ne peut pas faire d'habitude. On peut vraiment tout casser. Nous cassons principalement du verre, des bouteilles et de la vaisselle. Il y a aussi du matériel multimédia : des écrans d'ordinateur, des claviers, d'anciennes télévisions et quelques appareils que nous récupérons, principalement auprès de notre famille. Nous avons reçu pas mal de dons. Tout le monde y trouve son compte : ils s'en débarrassent et nous les récupérons. Nous avons également conclu un partenariat avec Oxfam à Ciney, qui nous fournit ses invendus afin qu'ils connaissent une dernière vie avant d'être déposés au parc à conteneurs. Enfin, plusieurs établissements horeca nous ont fourni de la vaisselle et des bouteilles.

Evacuer le stress

Le côté ludique saute aux yeux, mais ce n'est pas tout. Sans lui attribuer des vertus miraculeuses, la rage room permet à certains participants d'évacuer une colère profondément ancrée.

Coralie Gigot, co-gérante :

C'est même un peu compliqué au début de se lancer parce qu'on garde toujours cet interdit en tête. Il faut un petit moment, un déclic, pour se dire : "Mais oui, vas-y, c'est autorisé, tu peux te lâcher." Certains viennent simplement entre amis pour passer un bon moment, tandis que d'autres recherchent un instant de libération très important. À force de se contenir à la maison ou au travail, on a parfois envie d'exploser. Je pense que cet endroit s'y prête vraiment bien.

Tout casser sans en assumer les conséquences, puisque derrière, Coralie et Jérémie balayent, ramassent et trient les déchets. Une tâche qui prend généralement bien plus de temps que le quart d'heure de défoulement.

À partir de 16 ans

Ouverte depuis le début du mois, la rage room de Warnant, accessible uniquement en soirée et le week-end, et réservée aux personnes de 16 ans et plus, affiche complet pour tout le mois de juin. Une preuve supplémentaire que ses gérants, habitants de Haut-le-Wastia, avaient raison de croire au potentiel d'un tel projet en zone rurale.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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