L’Américain Lester Montrose est revenu sur les traces de son père à Rochefort. Cet habitant de Los Angeles s’est plongé dans l’histoire de son papa, Vernon Montrose, aviateur durant la Seconde Guerre mondiale.
Quatre-vingts ans plus tard, Lester Montrose découvre le champ, où le 29 mai 1944, un bombardier américain a atterri d'urgence après avoir été endommagé par des chasseurs allemands. A son bord, son père, Vernon Montrose, co-pilote, et neuf autres membres d'équipage.
Tous sains et saufs, les hommes parviendront à se cacher de l'ennemi allemand, dans les bois rochefortois jusque la tombée de la nuit, avant d'être pris en charge par des membres de la Résistance. Lester Montrose, le fils du co-pilote, a voulu venir sur les lieux pour s'imprégner de l'histoire de son père :
Mon père m'a expliqué, mais comme la plupart des hommes qui ont fait quelque chose d'aussi pénible que la guerre, il n'aimait pas trop en parler. Il était très réservé par rapport à ça, en disant que ce n'était qu'un travail à faire. Il m'a dit que les gens à Rochefort, les gens en Belgique, étaient courageux dans la lutte contre l'envahisseur. C'est très important pour moi, pour ma mémoire, pour ma vie, pour mon bien-être. Je suis ici pour mon père, pour venir dire merci.

Cachés et nourris par la Résistance
Les aviateurs américains seront cachés et nourris par la Résistance durant plusieurs semaines, dans un pavillon de chasse situé dans le Domaine Royal du Château de Ciergnon, en pleine forêt, avant de s'égailler pour échapper aux Allemands. Vernon Montrose retrouvera les siens à la libération. Jean-Pol Lejeune, échevin des associations patriotiques à Rochefort, raconte :
Avant septembre 44, ils sont arrivés jusque Paris. Considérés comme disparus, ils ont dû se faire reconnaître auprès de l'Armée américaine. Ils sont rentrés au pays alors qu'on avait annoncé qu'ils étaient décédés.
Lester Montrose poursuit :
Le gouvernement américain a dit à son père qu'il était mort pendant la guerre. Puis il est retourné en Angleterre et a appelé son père pour lui dire : « Papa que je suis toujours en vie !». J'ai lu le manuscrit de mon grand-père disant qu'il était si surpris et si heureux et qu'il ne pouvait pas y croire au début. Mon père a toujours été très catégorique sur le fait que les Belges étaient formidables pour les aider, sinon ils ne se seraient jamais échappés.
Fresque murale du bombardier
Lester Montrose et ses proches se sont également rendus, dans l'intimité, dans le pavillon de chasse où furent cachés les dix membres d'équipage. Non sans émotion, ils y ont découvert une imposante fresque qui orne l'un des murs du bâtiment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une peinture à la craie, soigneusement conservée par la famille royale, où figurent le bombardier ainsi que les noms des dix rescapés américains, dont celui de Vernon Montrose.
Au terme de sa visite à Rochefort, Lester Montrose a été élu citoyen d'honneur de la ville par les autorités. Son père, l'aviateur Vernon Montrose, a lui aussi été fait citoyen d'honneur de la ville famennoise, à titre posthume.