Judiciaire
L’approche dinantaise du consensus parental inspire des juges français
publié le:20/10/2025 13:12:00 - mis à jour: 22/10/2025 16:29:22
Pionnier en Wallonie, le palais de justice de Dinant privilégie cette alternative à la séparation conflictuelle. Deux juges de Grenoble se sont rendues sur place pour assister à des audiences.
Cela fait bientôt 14 ans que la juge Marie-France Carlier pratique le consensus parental. En 2012, elle s'était inspirée d'un magistrat allemand. Aujourd'hui, c'est à son tour de former des collègues étrangers. Pendant deux jours, deux juges de Grenoble ont assisté à ses audiences afin de comprendre cette pratique qui permet à des époux de divorcer… sans se dénigrer. La juge Carlier résume sa philosophie :
Le divorce, oui, mais pas une séparation conflictuelle. L'idée, c'est que les parents ne reviennent plus, qu'ils soient autonomes et qu'ils sachent se parler de manière respectueuse et sereine. Et surtout de ne pas dénigrer l'autre parent devant l'enfant. Nous leur proposons des techniques de communication, des conseils, et nous les accompagnons si nécessaire.
Son objectif reste avant tout centré sur les enfants. Selon elle, cette approche non-conflictuelle permet non seulement un divorce plus apaisé, mais aussi des discussions constructives entre parents.
On est serein, on n'est pas stressés. Les couples savent que, lorsqu'ils viennent ici, ils trouveront une réponse adaptée à leurs besoins. Et je n'accepterai jamais qu'à l'audience, ils se dénigrent mutuellement.
Plusieurs tribunaux français veulent s'en inspirer
Seule magistrate en Wallonie à pratiquer le consensus parental, Marie-France Carlier est régulièrement invitée en France pour en présenter les principes. Cette fois, ce sont ses homologues qui sont venus à Dinant. Parmi elles, Joëlle Tizon, première vice-présidente au tribunal judiciaire de Grenoble.
Elle nous a parfaitement convaincus que cela va dans le bon sens pour tout le monde, surtout pour les familles et en particulier pour les enfants. Comme cette méthode fonctionne très bien, nous sommes venues voir sur place comment elle la mettait en pratique.
Pour la juge Carlier, partager son expérience est une source de fierté :
J'ai envie que tout le monde puisse bénéficier de cette richesse, de cette possibilité de travailler autrement.
Ce travail intéresse aussi d'autres juridictions françaises, notamment à Arras et à Lille, dans le nord du pays.