Climat
La sécheresse impose ses règles dans les cultures et complique le travail des maraîchers
publié le:12/08/2026 15:08:00 - mis à jour: 15/08/2026 19:05:38
Retards, fruits abîmés, faune en quête d’eau : la sécheresse révèle la vulnérabilité des cultures et bouscule le travail agricole. Exemple à la ferme des Rabanisse, à Rochefort.
Les épisodes de chaleur prolongée qui touchent la région depuis plusieurs semaines mettent les cultures sous pression. Dans les exploitations maraîchères, les effets se cumulent : développement ralenti, fruits abîmés, pollinisation affaiblie et faune qui se rabat sur les plantations. Sur le terrain, les maraîchers, comme Julien Hastir, de la ferme des Rabanisse à Rochefort, constatent une évolution nette de leurs conditions de travail.
C'est la première fois qu'on a une sécheresse aussi longue. On voit vraiment des changements arriver.
La faune se rabat sur les cultures en quête d'eau
La sécheresse modifie aussi le comportement des animaux. Privés d'humidité, rongeurs et lièvres se tournent vers les plantations, comme le rappelle Julien Hastir.
Ils viennent chercher la fraîcheur au pied des légumes et mangent la tige. C'est une conséquence de la forte chaleur. À cause de cela, nous avons déjà perdu un tiers des courgettes sur certaines lignes.
Un phénomène qui s'étend à d'autres exploitations confrontées à des sols secs et à une végétation affaiblie.
Une irrigation devenue un exercice permanent
Avec des infrastructures limitées, la gestion de l'eau devient un travail continu, comme le détaille Julien.
On a quatorze lignes à faire tourner et seulement deux sorties d'eau. C'est impossible d'irriguer tout en même temps. Parfois, on irrigue juste pour rafraîchir le feuillage, pas pour nourrir le sol.
Cette organisation minutieuse, répétée sept jours sur sept, illustre les contraintes auxquelles les agriculteurs doivent désormais faire face.
Un phénomène qui dépasse une seule exploitation
Les difficultés observées ici se retrouvent dans de nombreuses fermes : fatigue accrue des équipes, légumes qui ramollissent plus vite, pollinisation affaiblie, pression sur l'eau, comme le témoigne Julien Hastir.
En deux mois, je ne sais pas si on a eu dix litres d'eau au mètre carré. Nos journées sont plus longues aussi. On veut commencer plus tôt pour profiter de la fraîcheur.
Face à des saisons qui ne se ressemblent plus, les maraîchers doivent revoir leurs méthodes : variétés plus résistantes, irrigation plus fine, protection des pollinisateurs. La sécheresse impose désormais ses règles, et l'agriculture doit s'adapter pour continuer à produire dans un climat qui change.