Emploi
Le flexi-job : une solution pour pallier la pénurie de chauffeurs d'autocars ?
publié le:14/09/2023 16:34:00 - mis à jour: 15/09/2023 18:30:14
En Belgique, il manquerait 1535 chauffeurs d'autobus et d’autocars. Le secteur souhaiterait pouvoir avoir recours au flexi-job pour faire face à cette pénurie. Pierre-Yves Dermagne n'y est pas favorable.
Aux autocars Deblire à Godinne, il manque actuellement trois chauffeurs. L'entreprise ne peut dès lors assumer l'ensemble de ses missions, dont une pour un ramassage scolaire. La société yvoirienne ne parvient pas à trouver des chauffeurs occasionnels. La faute, entre autres, selon l'entreprise, à un système de taxation trop sévère pour ces emplois en extra. Guerric Deblire, gestionnaire des transports au sein de l'entreprise, explique :
Certaines personnes disponibles pour conduire un autocar ou un autobus pour nous, un ou deux jours par semaine, sont assez vite découragées lorsqu'elles voient ce qu'elles doivent rendre aux contributions en fin d'année.
Le salaire net égale le salaire brut
La solution, pour pallier le manque de chauffeur, selon la fédération belge des exploitants d'autobus et d'autocars, serait le recours au flexi-job, comme dans l'Horeca depuis 2015, et dans d'autres secteurs à partir de 2018, poursuit Guerric :
En flexi-job, le salaire brut du travailleur équivaut au salaire net. Et le salaire obtenu en flexi-job n'entre pas en ligne de compte dans la déclaration d'impôts en fin d'année.
Pierre-Yves Dermagne pas favorable au flexi-job
Mais, actuellement, pour embaucher un chauffeur, le flexi-job n'est pas autorisé. Et le ministre fédéral du travail, Pierre-Yves Dermagne, ne souhaite pas changer les choses :
Le flexi-job n'est pas la solution aux difficultés de recrutement du secteur. On doit continuer à mettre ces métiers en avant, avec un salaire correct. Il y a aussi une question de sécurité. Conduire un autobus ou un autocar nécessite des temps de repos ainsi que des compétences spécifiques.
Le ministre du Travail ne se montre pas donc favorable au flexi-job pour le secteur. Un sérieux coup de frein dans les négociations pour la Fédération belge des exploitants d'autocars et d'autobus qui représente plus de 300 entreprises privées, dont les autocars Deblire à Godinne.