Le loup pourrait bientôt être à nouveau chassé à certains endroits en Europe. C’est la conséquence d’une décision prise par le Parlement européen ce jeudi : le statut du loup a changé.
Le Parlement européen a voté ce jeudi le changement de statut du loup. Il passe de "strictement protégé" à "protégé". Cette décision a été prise suite à la hausse de population du loup ces dernières années. Les associations environnementales dénoncent quant à elles ce changement. Elles estiment que baisser le niveau du statut c'est dangereux pour la préservation de l'espèce.
Benoît Cassart fait partie des eurodéputés qui ont milité pour le changement de statut. Egalement agriculteur à Havelange, il se réjouit de ce qu'il appelle « une victoire ».
Cette décision est logique. Depuis 2012, on est passé de 11.000 loups en Europe à 23.000. Puisque la population a doublé, l'objectif de préserver le loup est atteint.
Selon Benoît Cassart, il n'est donc plus nécessaire de laisser un statut de « strictement protégé » au loup. Concrètement, ce changement implique que l'animal peut désormais être "régulé", c'est-à-dire chassé.
Ça ne veut pas dire qu'on peut faire n'importe quoi. L'objectif n'est pas de l'exterminer. Le principe est de pouvoir dire que quand il pose des problèmes à des élevages, on peut réguler sa population.
La demande de régulation avait été faite par de nombreux agriculteurs notamment dans l'arrondissement de Dinant où les attaques se sont multipliées ces dernières années.
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Les associations environnementales dénoncent
Du côté des associations environnementales, ce changement de statut est très mal perçu, notamment par le WWF où Deborah Van Thournout, la directrice de la communication, dénonce :
C'est ce statut de « strictement protégé » qui a permis le retour du loup en Europe. Baisser le niveau du statut c'est dangereux pour la préservation de l'espèce. On demande donc aux Etats membres à leur échelle de garder le loup à l'état de « strictement protégé ».
Les Etats membres auront effectivement un pouvoir de décision. Chez nous, par exemple, cette décision de chasser le loup dans certaines situations, à certains endroits, reviendra au gouvernement fédéral ou régional. Pour le WWF, chasser le loup réduirait son rôle important dans la nature.
Il limite la propagation des maladies chez les animaux en chassant notamment les sangliers et les cerfs. Il va aussi contribuer à la régénération de la forêt. Donc au lieu de l'abattre, le message c'est « apprenons à vivre avec la nature et avec le loup ». On comprend les propriétaires d'animaux qui ne veulent pas perdre leurs troupeaux. Mais il est possible de recevoir de l'aide et de s'adapter à la situation.
A noter aussi que l'actuel plan loup va être revu et amélioré pour aider davantage les agriculteurs touchés. Il n'est donc pas certain que ce changement de statut ait un impact en Belgique.