"I swear" a raflé 3 statuettes aux BAFTA dont celle du meilleur acteur pour Robert Aramayo. Il incarne un ado atteint du syndrome de Gilles de la Tourette dans les années 80. Quand la maladie était un mystère.
La sélection de la semaine et les avis de Julien Collard du Ciné Gedinne :
- "I Swear" de Kirk Jones, avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake : en VOST au Ciné Gedinne le samedi 28 mars à 20h15 et le mercredi 31 mars à 20h15
Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d'abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu'il est, au-delà des préjugés.
Le film s'inspire de l'histoire vraie de John Davidson, née en Écosse en 1971, et atteint du syndrome Gilles de la Tourette depuis l'adolescence. Son parcours a déjà fait l'objet d'un documentaire "John's Not Mad" pour la BBC en 1989. John Davidson a été décoré par la Reine Elizabeth II.
À l'image de la maladie qu'il explore, I Swear désarme d'abord par l'humour, avant de toucher en profondeur. Sans jamais sombrer dans le pathos, le film parvient à émouvoir, à éclairer et à dédramatiser, sans minimiser.
Drôle, tendre, touchant et éclairant, ce feel-good movie (comme seuls les anglais savent les faire), a créé la surprise aux Bafta, en remportant trois statuettes.
Deux d'entre elles récompensant son acteur principal, Robert Aramayo, qui a été sacré meilleur acteur devant Leonardo DiCaprio et Timothée. Il a aussi été sacré "Rising Star", un prix décerné par le public. .
- "Mauvaise pioche" de Gérard Jugnot, avec Gérard Jugnot, Philippe Lacheau, Thierry Lhermitte : en sortie nationale au Ciné Gedinne le mercredi 1er avril à 18h20
Arrêté par erreur et confondu avec l'homme le plus recherché de France, Serge Martin, paisible retraité, devient la cible des médias. Pris dans un tourbillon sans fin, il va tout tenter pour prouver son innocence et retrouver sa vie... si c'est encore possible!
Le film, le treizième réalisé par Gérard Jugnot en quarante ans, s'inspire de la véritable histoire de Guy Joao, confondu par erreur en 2019 avec le fugitif Xavier Dupont de Ligonnès.
Le scénario joue habilement avec les fake news et la frénésie des chaînes d'information en continu. Moment joyeux, drôle et intelligent, tout en gardant un regard satirique sur la société.
Pour ce personnage d'homme ordinaire qui se retrouve pris dans une histoire qui le dépasse totalement, Gérard Jugnot s'est inspiré de sa propre histoire. Grâce au succès international du film "Les Choristes", il est devenu une star dans le monde entier.
- "Les rayons et les ombres" de Xavier Giannoli, avec Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl : en sortie nationale au Ciné Gedinne le mercredi 1er avril à 20h15
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l'histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l'engrenage de la collaboration. Il sera fusillé en 1946 alors que Corinne vit seule avec sa fille née d'une liaison avec un officier allemand.
Récit de ce dangereux glissement moral, de 1930 à 1946 chez des gens bien-pensants, qui n'avaient pas vocation à devenir des monstres. Il montre de manière subtile comment des gens ont pu en arriver là. Par lâcheté, par ambition, par appât du gain, Jean Luchaire trahit tous ses idéaux.
La force de ce film, c'est l'intelligence limpide avec laquelle il narre cette page sombre de notre histoire où se croisent les intellectuels, la presse et le cinéma dans une époque où la moralité de chacun perd peu à peu le combat pour laisser gagner l'indignité, la lâcheté, l'horreur.
Et c'est d'autant plus troublant que les échos avec la nôtre sont constants.
- "Nobody has to know" (l'ombre d'un mensonge) de Bouli Lanners, avec Bouli, Michelle Fairley, Clovis Cornillac : en VOST au Centre Culturel de Beauraing le jeudi 2 avril à 20h, dans le cadre du ciné-soupe dès 19h
Phil s'est exilé dans une petite communauté presbytérienne sur l'île de Lewis, au nord de l'Ecosse. Une nuit, il est victime d'une attaque qui lui provoque une perte de mémoire.
De retour sur l'île, il retrouve Millie, une femme de la communauté qui s'occupe de lui. Alors qu'il cherche à retrouver ses souvenirs, elle prétend qu'ils s'aimaient en secret avant son accident...
Romantisme assuré : deux êtres abîmés qu'on aurait tendance à classer comme vieille fille et vieux garçon et qu'un coup de pouce du destin va réunir. Ce n'est pas vraiment un drame, c'est juste une histoire d'amour, avec un délicat portrait de femme.
Grands sentiments et grands espaces de la majestueuse Ecosse, magnifiquement filmée par Bouli (qui soigne toujours particulièrement la photographie).
Ce cinquième film bluffe par son audace tranquille, séduit par son sens des paysages, touche par la sobriété de sa tristesse. Bouli Lanners vous attrape par le bras, ne vous lâche plus, comme un frère, vous glisse deux-trois secrets à l'oreille.