Politique
Les Namurois perdent leurs trois ministres
publié le:26/07/2017 11:26:00 - mis à jour: 27/07/2017 18:14:49
Capture d'écran Canal C
La Province de Namur, longtemps défavorisée dans la répartition des ministres, avait trois ministres dans l'exécutif wallon. Elle n'en a plus aucun désormais. Christophe Bastin (CDH) évoque un "déséquilibre".
Ils sont arrivés au compte-gouttes: Eliane Tillieux d'abord, puis Maxime Prévot, et enfin Pierre-Yves Dermagne, trois élus de la province de Namur qui ont renforcé une présence namuroise au sein du gouvernement wallon, lequel était resté dix ans sans élu namurois.
Lorsqu'Eliane Tillieux est devenue ministre en 2009, dix ans après Bernard Anselme, les élus locaux namurois ont soufflé: combien de fois n'avait-on pas entendu pester contre l'hégémonie de l'axe Liège-Hainaut dans la répartition des grands travaux, des subsides, des investissements? Mais c'est surtout lorsque Maxime Prévot est arrivé comme vice-président du Gouvernement wallon, en 2014, que l'effet "Namur Power" s'est fait ressentir avec deux ministres de deux partis différents comme levier d'action. Au printemps 2017, l'arrivée de Pierre-Yves Dermagne a consacré un poids namurois jamais vu au sein de l'exécutif wallon.
Ce mercredi matin, Maxime Prévot a annoncé qu'il se consacrera désormais à sa ville de Namur. L'annonce du gouvernement wallon qui a suivi a confirmé l'appréhension des Namurois: il n'y aura plus aucun ministre de la province de Namur au sein de l'exécutif.
Le président d'arrondissement du CDH Christophe Bastin évoque un "déséquilibre" au détriment des Namurois:
"On était très bien servi avant, trop bien peut-être, mais maintenant, avec zéro ministre on peut parler de déséquilibre. Je respecte le choix de Maxime, c'est une bonne nouvelle pour ses concitoyens, je comprends sa position car c'est le plus beau métier, mais c'est une fameuse perte pour la Wallonie et pour la province. Cela dit, nous avons René Collin, un luxo, mais en tant que ministre de la ruralité, il est très attentif au sud de la province de Namur et soutient les bons dossiers."
Pour la bourgmestre MR de Havelange Nathalie Demanet, par contre, la situation ne pose pas vraiment problème:
"Ce n'est pas l'origine d'un ministre qui va changer la donne, l'importrant c'est la compétence. Et ce sera certainement plus facile pour les communes de l'arrondissement de trouver des relais dans ce nouveau gouvernement. J'ai le sentiment qu'ils ne viennent pas avec des politiques grandes villes mais plutôt avec un accent sur la ruralité".
Nathalie Demanet se réjouit d'ailleurs de ce nouvel accord de majorité, un accord qui préfigure selon elle des projets à long terme et pas seulement pour les deux années qu'il reste dans cette législature.
Voici la composition du nouveau gouvernement
Le gouvernement wallon passe de huit à sept ministres.
- Du côté MR, Willy Borsus prend les rennes du gouvernement wallon en tant que Ministre-Président. Pierre-Yves Jeholet a été désigné vice-président. Il hérite de l'Emploi, de l'Economie et de la Formation. Jean-Luc Crucke sera quant à lui en charge des Finances, du Budget, du Climat, de l'Energie et des Aéroport. Les Pouvoirs locaux, le Logement et les Infrastructures sportives reviennent à Valérie Debue.
- Côté cdH, pas beaucoup de changements. Alda Greoli fait son entrée dans le gouvernement wallon en remplacement de Maxime Prévot . Elle devient ministre de l'Action sociale, de la Santé, de l'Egalité des chances et de la Fonction publique. Alda Greoli reste par ailleurs ministre de la Culture et de l'Enfance à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle aura donc une double-casquette. Pour le reste, Carlo Di Antonio et René Collin restent ministres. Carlo Di Antonio, avec les compétences de l'Environnement, de l'Aménagement du Territoire, des Travaux publics et de la Mobilité. René Collin, avec l'Agriculture, la Nature, les Forêts, la Ruralité, le Tourisme et le Patrimoine.
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