Eau

Rochefort : garder ou céder son réseau de distribution d’eau ?

publié le:02/11/2026 12:00:00 - mis à jour: 02/11/2026 15:44:30

À Rochefort, le réseau de distribution d’eau est toujours géré par la commune. Mais pour combien de temps encore ? Une étude sera lancée en 2027 pour éclairer le choix des autorités communales.

La commune de Rochefort doit-elle conserver ou céder son réseau de distribution d'eau ? Si la question ne se posait pas vraiment il y a quelques années, elle revient de plus en plus fréquemment sur la table du conseil communal. Elle fera l'objet d'une étude approfondie en 2027. Julien Defaux, bourgmestre de Rochefort :

Pour pouvoir objectiver cette question et y répondre de manière éclairée, nous lancerons cette étude dès 2027. Elle portera sur tous les aspects du réseau d'eau : les aspects techniques, l'approvisionnement en quantité et en qualité, mais aussi les investissements déjà réalisés dans la prospection de nouveaux captages et le développement de nouvelles capacités de production d'eau.

Vaste territoire, peu d'abonnés

Avec seulement 6.000 abonnés répartis sur un vaste territoire, la commune dispose de moyens limités pour investir dans son réseau. Pourtant, des investissements conséquents seront nécessaires dans les années à venir pour garantir que l'eau potable continue de couler à tous les robinets rochefortois. Pierre-Yves Dermagne, échevin des Finances à Rochefort :

Nous sommes confrontés à deux tendances lourdes. La première, c'est l'augmentation des coûts liés à la distribution d'eau, notamment parce que les normes sont de plus en plus strictes, en particulier en matière de dépollution et de qualité de l'eau. Et tant mieux pour les consommateurs et les citoyens qui boivent notre eau ! Mais cela a évidemment un coût, qui doit être répercuté sur les citoyens. L'autre phénomène majeur, c'est la raréfaction de la ressource. Nous avons connu un été caniculaire exceptionnel, mais cela fait plus d'une dizaine d'années que nous rencontrons des difficultés d'approvisionnement tout au long de l'été. Et, malheureusement, l'été que nous avons vécu en 2026 devrait se reproduire plus fréquemment. Tout cela a évidemment un impact sur le prix du mètre cube d'eau. 

Un service de proximité

Si l'on s'en tenait au seul aspect financier, la question d'une cession ne se poserait peut-être déjà plus à Rochefort. La commune est consciente de ses limites budgétaires. Mais si elle souhaite conserver son réseau, c'est avant tout pour préserver un service de proximité à la population. En cas de problème, l'équipe technique communale est joignable 24 heures sur 24 et peut intervenir rapidement sur place. Une réactivité qui pourrait être compromise en cas de cession du réseau. Julien Defaux :

On sait que, malheureusement, lorsqu'on passe par de plus grandes structures, la communication peut devenir un peu plus compliquée et les délais d'intervention parfois plus longs. Ce n'est pas toujours le cas, mais on constate quand même que plus la structure est grande, plus cela peut devenir problématique. On risque alors de perdre cette proximité.

Le chantier de l'interconnexion

Dans les rangs de l'opposition, Écolo s'interroge sur la valeur du réseau de distribution d'eau rochefortois. Quelle est encore sa valeur aujourd'hui ? Avec seulement 6.000 abonnés, des kilomètres de conduites, dont certaines vieillissantes, et des difficultés d'approvisionnement, le réseau dispose-t-il encore de suffisamment d'atouts pour convaincre de potentiels acquéreurs ? Julien Defaux :

Il faut que notre réseau soit, quelque part, rentable et intéressant à reprendre. C'est un aspect financier parmi d'autres dans l'évaluation globale du service des eaux. La priorité, c'est de garantir de l'eau au quotidien aux citoyens. Cet été, cela a été compliqué. Nos équipes ont été sous pression tout au long de la saison pour trouver des solutions, remplir des réservoirs à l'aide de camions ou encore acheter de l'eau auprès d'autres opérateurs.

Pierre-Yves Dermagne :

Il faut que les réseaux soient beaucoup plus interconnectés afin de pouvoir acheminer de l'eau d'un endroit à un autre lorsqu'il y en a moins à un endroit. Est-ce que cela passera simplement par des accords de coopération avec la Société wallonne des eaux (SWDE) ? Est-ce que cela passera par une absorption ou une fusion avec la SWDE ? J'espère que l'étude que nous allons commander nous proposera plusieurs possibilités et nous permettra de trouver la meilleure solution pour les Rochefortais.

Actuellement, les Rochefortois paient leur eau 3,19 euros le mètre cube, contre 3,24 euros pour les abonnés de la SWDE, à titre de comparaison. Mais ce tarif, inférieur au coût-vérité, oblige la commune à compenser la différence. En 2024, cet effort financier s'élevait à 900.000 euros. Une charge qui pèse sur les finances communales et à laquelle les contribuables rochefortois participent donc eux aussi.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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