Les tensions sont vives au sein de la zone de secours Dinaphi. Ce mardi, on vous annonçait une menace de préavis de grève. Mais le syndicat SLFP a décidé passer à la vitesse supérieur ce mercredi.
Cette fois, c'en est trop. Le syndicat SLFP a décidé de frapper fort. Les pompiers menacent de faire grève. Ils ont déposé un préavis ce mercredi qui prendra effet dans 15 jours. Les syndicats accusent les responsables de la zone de faire preuve de laxisme dans certains dossiers et de prendre des décisions parfois en dépit du bon sens.
Manque de matériel adéquat
Avec ce préavis, ils espèrent ainsi mettre la pression sur les responsables de la zone de secours afin d'obtenir des réponses à propos d'une vingtaine de points en attente « depuis des mois, voire même des années ». Parmi ceux-ci, l'acquisition de matériel adéquat pour intervenir en cas d'inondations ou de feux de forêts. Eric Labourdette, permanent SLPF service pompiers, explique :
Un gilet de sauvetage en eaux vives ou un casque de nage, ce n'est pas un casque que l'on emploie tous les jours. C'est du matériel de protection individuel spécifique à ce genre de situation. Tous les experts disent que l'on va connaître de plus en plus de phénomènes météorologiques extrêmes. Or on a pointé, à plusieurs reprises dans les P.V., un manquement dans les équipements de protection. Cela revient à envoyer un soldat au front sans fusil ou sans casque. On demande aux responsables de nous fournir un plan d'acquisition du matériel. C'est une obligation légale.
"Oui, on a pris du retard"
Les responsables de la zone Dinaphi assument avoir pris du retard dans la gestion de certains dossiers. Le président de la zone s'engage à y répondre dans les plus brefs délais.
Je ne vais pas minimiser, il est vrai que l'on a du retard. On fait face à un manque d'effectifs dans le personnel administratif. Nous nous sommes engagés, le commandant et le collège de la zone, à répondre à une majorité des questions pour ce vendredi, ce qui sera fait. Ce que nous souhaitons, c'est de pouvoir assurer la sécurité de tous. La sécurité d'un Dinantais vaut autant que la sécurité d'un Walcourien ou d'un Cinacien. Il faut qu'il y ait une équité sur l'ensemble de nos douze arsenaux.
Une équité en dépit du bon sens?
Cette équité en question repose sur une répartition égale des hommes entre les différents postes de la zone de secours Dinaphi. Avec pour conséquence la suppression des gardes en caserne la nuit à Dinant. A partir du premier septembre, les pompiers volontaires dinantais fonctionneront comme leurs collègues via un système de « bip » à domicile. C'est l'un des grands axes de la réforme de la zone. Mais pour les syndicats et de nombreux pompiers dinantais, ce changement pourrait mettre en péril la sécurité des citoyens. Elle se ferait surtout, selon eux, en dépit du bon sens.
On a l'impression que tout cela a été décidé au vogelpik. On a décidé de mettre quatre hommes dans toutes les casernes, sans prendre en compte les statistiques d'intervention, sans se dire qu'il serait plus judicieux de mettre plus d'hommes là où il y a plus d'interventions.
La zone Dinaphi recrute, mais en attendant?
D'après le syndicat SLFP, Dinaphi manquerait de pompiers volontaires pour mettre en place cette réforme. A titre d'exemple, seul cinq pompiers habitent à moins de 6 minutes de la caserne de Dinant, en sachant qu'il faut au moins 6 hommes pour un départ incendie, d'où l'inquiétude des pompiers. Les responsable de la zone promettent l'engagement de nouveaux pompiers.
On va engager des volontaires. Il y en a une dizaine dans le premier plan et on envisage d'organiser un nouvel appel à candidatures en octobre. On veut réellement renforcer toutes les casernes, parce qu'il n'y a pas que Dinant.
Le temps de former les candidats, les nouvelles recrues ne seront pas disponibles avant au moins un an. L'autorité Dinaphi espère donc que les pompiers dinantais joueront le jeu de se mettre au vert en attendant l'arrivée des nouveaux.
La CSC menace également
Enfin, précisons que le syndicat CSC n'a, pour sa part, pas déposé de préavis de grève. Il laisse un délai de 12 jours aux responsables pour obtenir des réponses, sans quoi il embrayerait à son tour. Accentuant alors encore un peu plus la pression sur le commandant et le collège de la zone Dinaphi.
Reportage réalisé par Morgane Halloy et Mandy Similon (Boukè)