Agriculture

Le prix des oeufs flambe: les gros producteurs sont les plus vulnérables

publié le:09/03/2023 00:00:00 - mis à jour: 10/03/2023 17:21:26

Le prix des œufs ne cesse de flamber depuis plusieurs mois déjà. Les raisons de cette hausse sont multiples: grippe aviaire, coût de l’énergie ou encore guerre en Ukraine.

À Sinsin, la ferme de Coursi compte 30.000 poules et le confinement est de rigueur à cause de la grippe aviaire. Depuis le retour de cette maladie, des poules ont été euthanasiées en nombre sur le marché européen entraînant une forte hausse du prix des œufs. À l'épidémie, il faut ajouter d'autres facteurs, explique Simon Baudouin, aviculteur somme-leuzois:

Il y a la guerre en Ukraine qui a fait grimper le coût des aliments. Cela a aussi eu pour conséquence l'augmentation des coûts de l'énergie pour nous comme pour tout le monde.

Simon Baudouin est tenu par des contrats à prix fixe pour la vente de ses œufs. C'est-à-dire que même si les coûts de production ont augmenté, il ne peut pas adapter ses prix de vente à cette réalité, nous détaille-t-il:

Notre prix de vente est plus bas que le prix du marché libre. Ce n'est pas avantageux pour nous. Ceux qui sont en marché libre sont mieux rémunérés.

L'agriculteur a tout de même pu renégocier son contrat auquel il est encore tenu durant un an et demi. Il a mis des panneaux solaires, il produit en partie l'alimentation de ses poules et fait plus de vente directe, mais sa situation reste compliquée.

450 poules en bio

À Briquemont, le poulailler de Thierry Lavis est le contre-exemple de la ferme somme-leuzoise. On y trouve plus ou moins 450 poules. L'agriculteur n'est lié à aucun contrat :

On a fait toute la filière de A à Z. On a démarché nos clients. Ce sont des magasins, des hôtels, des restaurants. On a un rapport direct avec eux, mais nous n'avons pas de contrat, donc aucune imposition de production. Pour le moment, on n'a qu'un poulailler parce qu'on attend les nouvelles poules, on a donc dit à nos clients qu'il y aura un peu moins d'œufs. On essaie de dépanner tout le monde, mais les gens sont conscients de notre système de fonctionnement.

En plus, les poules de cette exploitation bio passent leurs journées dehors, sous filets. Elles ne mangent pas plus comme c'est le cas pour les poules confinées. Néanmoins, l'alimentation reste le poste qui a légèrement augmenté, ajoute l'agriculteur:

En 18 mois d'existence, le coût de l'alimentation a augmenté de plus ou moins 170€. C'est le seul impact qu'on a. Notre poulailler est autonome en électricité grâce à des panneaux solaires. Le changement de poules occasionne une petite augmentation, mais elle reste minime.

Le système mis en place dans la ferme Lavis est difficile voire impossible à reproduire sur de grandes exploitations comme celles de Simon Baudouin. Dans la production d'œufs comme dans les autres filières agricoles, les agriculteurs restent le plus souvent soumis aux lois du marché.

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CDJ

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