Coronavirus

"Ma fille est handicapée et elle a le droit aux soins comme les autres"

publié le:14/04/2020 16:54:00 - mis à jour: 02/05/2022 09:44:00

Anne-Cécile Rozet, originaire de Beauraing, a une fille Adeline (26 ans) handicapée mentale. Elle fait partie des protestataires contre le discours ambigu sur les priorités de soins aux handicapés.

Comme d'autres parents et proches de personnes handicapées, Anne-Cécile Rozet, originaire de Beauraing, a publié ce week-end sur Facebook son intention de poursuivre l'Etat belge pour non assistance à personne en danger au cas où sa fille Adeline, 26 ans, qui a un fort retard mental et est résidente aux Elfes à Libramont, ne serait pas soignée. 

Le contexte est celui d'un discours ambigu (ou mal interprété, c'est selon) du président de l'Absym, le Dr Philippe Devos, à propos des priorités de soins et de la prise en considération du critère d'atteinte neurologique et du degré de dépendance pour admettre un patient Covid 19 en réanimation.

>> Lire aussi: En cas d'hospitalisation, moins de chances pour les personnes handicapées ?

La fédération francophone des associations de patients (Luss) a par contre reçu un discours apaisant de la ministre de la santé Maggie de Block le 4 avril dernier. Selon la Luss, la ministre a réaffirmé l'égalité de traitement:

La Ministre affirme qu'il est inacceptable d'opérer un tri lors de l'admission des patients que ce soit en fonction de leur état de santé, leur handicap ou leur âge. 

La Luss insiste toutefois sur le fait que "les retours du terrain témoignent pourtant de situations problématiques". Même son de cloche du côté du Conseil supérieur national des personnes handicapées, qui recueille des témoignages en ce sens.

Le Dr Devos a précisé par la suite que son raisonnement s'appliquait aux personnes proches du coma, "comme Michael Schumacker"...

Ce mardi Anne-Cécile Rozet est plus rassurée:

J'étais paniquée en entendant les propos du Dr Devos, mais les mises au point de ce week-end sont bienvenues. Je pense à mon enfant, elle a un retard mental sévère, et elle est pleine de joie de vivre, je ne vois pas pourquoi, parce qu'elle a un retard mental, elle ne pourrait pas bénéficier de ces soins. On a fait un grand bruit lundi, on en a parlé dans les médias, et c'était bien de le faire savoir, on ne voulait pas laisser passer ça sous silence.

Comment sa fille Adeline, 26 ans, vit-elle, le confinement?

Elle est dans sa petite bulle, elle est confinée, je ne peux pas la voir, mais Les Elfes ont mis en place des communications par FaceTime entre patients et proches. Elle n'a pas conscience de la distanciation sociale, elle a toujours besoin de câlins, et pourrait attraper le covid-19 par l'intermédiaire des éducateurs. Ces derniers prennent toutes les précautions, ils ont des masques et des gants, mais elle pourrait très bien se coller à l'un d'entre eux pour avoir un bisou et on sait que le virus peut rester sur les vêtements, alors oui j'ai peur pour elle.

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CDJ

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