Josué Henry, originaire de Bohan, va connaître un destin extraordinaire digne des romans d’aventures. Il sera tour à tour chasseur de rebelles au Congo, soldat sur l’Yser mais aussi chercheur d’or en Afrique.
Josué Henry naît à Bohan en 1869. Après avoir terminé ses classes primaires, Josué souhaite poursuivre ses études. Malheureusement, sa famille n'en a pas les moyens. Ce sera donc l'armée où il est possible de mener une scolarité à moindres frais.
En 1892, il termine ses études avec des rêves d'exotisme plein la tête. Ce sera le Congo où Léopold II a besoin de militaires pour sa force publique.
Quelques années plus tard, l'Afrique va donner à Josué Henry l'occasion de prouver ses compétences de stratège militaire. En 1897, les Batetala se révoltent suite à l'exécution de certains de leurs chefs. En infériorité numérique, les hommes de Henry parviennent à mettre les rebelles en fuite lors d'une bataille restée célèbre, la bataille de la Lindi.
Lorsque la Grande Guerre éclate sur le continent européen, Josué Henry se trouve au Congo. La colonie belge comme ses voisines anglaises et allemandes est propulsée dans le conflit. Josué Henry est nommé commandant des troupes de la frontière orientale du Congo, celle qui se trouve face aux colonies allemandes du Rwanda et de l'Urundi.
Très vite, Josué Henry entre en désaccord avec le gouvernement belge qui nomme le Général Tombeur à la tête des opérations. Entre les deux hommes, le courant ne passe pas et Josué Henry demande à être rapatrié sur le continent.
En 1916, il rejoint les troupes belges derrière l'Yser. Il participe à l'offensive libératrice des Flandres et poursuit les Allemands jusqu'au Rhin.
Pensionné, Josué Henry retourne au Congo fin des années 20. Cette fois, sa mission ne relève plus de l'armée. Il retourne en Afrique en tant que géologue chargé d'effectuer des relevés cartographiques et de trouver des gisements. Son travail lui aurait permis de découvrir de l'or.
En 1938, le roi Léopold III l'autorise à ajouter « de la Lindi » à son patronyme. Celui qu'on appelle donc Josué Henry de la Lindi se retire à Bohan où il s'éteint en 1957.
Analyse historique : la Grande Guerre dans les colonies
Au moment où la première guerre mondiale éclate, la Belgique dispose d'une colonie importante, le Congo. En 1914, des hommes vivant au Congo veulent défendre la partie menacée et ces volontaires congolais viennent se battre en Europe. La plupart d'entre eux est affectée à la défense de la position fortifiée de Namur. Ces volontaires sont en grande majorité des colons blancs, très expérimentés et patriotes. On compte néanmoins parmi eux quelques indigènes noirs.
Cependant, la guerre ne va pas se limiter au territoire européen. Elle s'exporte aussi en Afrique centrale où s'opposent les puissances coloniales. En 1915 et au début de 1916, la situation demeure assez calme entre les colonies allemandes et belge.
En 1916, la Belgique souhaite modifier son image sur le plan international : elle ne veut plus être « the poor little Belgium » et veut se montrer plus combative. Le gouvernement lance une campagne militaire offensive en s'appuyant sur la force publique congolaise c'est-à-dire des soldats congolais dirigés par des officiers belges. Les hommes sont envoyés de l'autre côté du lac Tanganyika pour attaquer les colonies allemandes. Cette force expéditionnaire va remporter plusieurs victoires sur les troupes allemandes. Ces dernières sont peu nombreuses puisqu'elles sont coupées de leur mère-patrie. La Grande-Bretagne contrôlant les mers, l'Allemagne peut difficilement envoyer des renforts en Afrique.
Le 19 septembre 1916, la Belgique prend Tabora, une ville stratégique, située entre les grands lacs et l'océan, sur la ligne de chemin de fer. Cette victoire permet à la Belgique d'obtenir des territoires en Afrique lors du Traité de Versailles en 1919. Le Rwanda et l'Urundi passent sous protectorat belge.
Merci à Yvon Barabzon, Renaud Juste et Axel Tixhon
Avec le soutien de la Province de Namur
