Canicule
"Mes vaches sont en souffrance", Claire Van Hoomissen, éleveuse à Barvaux-en-Condroz
publié le:26/06/2026 15:09:00 - mis à jour: 27/06/2026 16:40:10
La FUGEA, le syndicat agricole, tire la sonnette d'alarme face à la canicule. Les animaux d'élevage et les cultures souffrent des fortes chaleurs. Le syndicat veut alerter les responsables politiques.
Il est 10 heures à Barvaux-en-Condroz, et la température frôle déjà les 35 degrés à l'ombre. Cet épisode de chaleur devient problématique pour les vaches de Claire Van Hoomissen, éleveuse dans le village :
Moi, je souffre, mais les vaches souffrent encore plus, parce qu'elles ne sont pas du tout adaptées à résister à la chaleur. Elles possèdent un premier estomac, le rumen, qui peut contenir jusqu'à 200 litres et occupe toute la partie gauche de leur corps. À l'intérieur, il y a des milliards de bactéries qui leur permettent de digérer l'herbe, mais qui dégagent aussi énormément de chaleur. C'est comme si elles avaient un radiateur à l'intérieur d'elles. Au-dessus de 20 degrés, pour une vache, il fait déjà trop chaud. Alors ici, à plus de 30 degrés, c'est forcément une souffrance. En plus, cela peut provoquer des maladies. Il y a davantage de risques de mammites, d'avortements… Tout cela parce que la vache n'est pas faite pour résister à de telles chaleurs.
"Le réchauffement climatique est bien là"
Claire et ses vaches subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Selon l'agricultrice, également vice-présidente de la FUGEA, cette canicule, exceptionnelle par sa précocité et son intensité, devrait alerter les responsables politiques :
Déjà, les responsables politiques doivent reconnaître que le réchauffement climatique est bien là et qu'il a des impacts réels sur notre travail et sur toute la production alimentaire. Ce ne sont pas simplement deux jours de beau temps où l'on peut profiter de la piscine et boire des bières. Il faut mettre en place des mesures pour nous accompagner dans une transition qui nous permettra de faire face à ce réchauffement. Il faut aussi nous soutenir lors des événements climatiques extrêmes afin que nous puissions garder le cap et continuer à exercer notre métier pour nourrir la population.
Quelles solutions face aux épisodes de chaleur ?
Mais quelles solutions mettre en place dans les fermes pour faire face à ces fortes chaleurs, appelées à se reproduire de plus en plus fréquemment ?
Dans les prairies, il faut replanter des arbres afin d'offrir des zones d'ombre aux vaches. Les arbres créent un microclimat idéal, où elles peuvent venir se coucher, ruminer et être beaucoup plus à l'aise. Il faut aussi adapter les bâtiments d'élevage, avec l'évacuation de l'air chaud, des ventilateurs, des brumisateurs.
Mais tous ces aménagements ont un coût que de nombreux agriculteurs ne sont pas en mesure d'assumer. C'est pourquoi la FUGEA demande un soutien financier.
Ces aménagements s'inscrivent dans une démarche d'agroécologie, défendue par le syndicat agricole. Selon la FUGEA, l'agroécologie permettrait de mieux adapter les exploitations agricoles aux chocs climatiques qui se répètent.