Terroir

À Montegnet, Adrien Lebailly produit de la farine artisanale

publié le:12/03/2026 15:04:00 - mis à jour: 25/03/2026 16:20:54

À Montegnet, Adrien Lebailly a lancé l'Atelier des Béguines. Une meunerie artisanale où il produit de la farine sur meule de pierre. Il espère, à terme, collaborer davantage avec des agriculteurs locaux.

Depuis quelques mois, dans son atelier à Montegnet (Havelange), Adrien Lebailly moud le grain. Une fabrication artisanale, sans grandes machines ni fioritures : tout est simple et à taille humaine, explique le meunier :

C'est un tout petit moulin, de moins de 50 centimètres. On peut tout faire soi-même. Il n'y a pas de technologie. Vu les quantités, on travaille vraiment à petite échelle. Il n'y a aucun aspect industriel ou de production de masse. C'est exactement ce que je voulais : quelque chose de simple et à taille humaine.

Adrien utilise un moulin de type « Astrié », capable de moudre environ 15 kilos de grain par heure. Il travaille principalement l'épeautre et le petit épeautre, qu'il apprécie particulièrement. Il moud aussi du froment, plus occasionnellement.

Une farine artisanale

Sa farine se distingue de la farine industrielle. Elle est moulue sur pierre et non écrasée sur cylindre, précise le meunier :

Le but est de garder un maximum de qualité nutritive dans la farine. Le grain n'est pas déchiqueté ou broyé : il est déroulé entre les meules. On obtient donc une texture différente. La farine passe ensuite dans un tamis, ce qui permet de garder la quantité de son souhaitée. Dans le système conventionnel sur cylindre, on sépare d'abord le son et la farine pour obtenir une farine très blanche, puis on fait des mélanges. Ce n'est pas du tout la même farine, ni la même qualité.

Un retour aux bases pour un produit de base

Derrière cette fabrication plus lente et plus ancestrale, il y a aussi une réflexion idéologique, voire politique : un retour aux bases pour un produit alimentaire de base.

Faire une farine comme ici, c'est aussi un geste politique. C'est défendre une alimentation de qualité, qui est en quelque sorte notre premier médicament. C'est aussi défendre notre patrimoine : le blé, l'épeautre qui poussent sur nos terres. Ces céréales ont un goût, une saveur, une qualité. L'idée, c'est aussi de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production et de savoir ce que deviennent leurs matières premières, plutôt que de les voir partir dans de grands moulins ou à l'exportation. Il s'agit de recréer tout un tissu local essentiel pour vivre chez nous.

À terme, Adrien nourrit l'espoir d'agrandir son atelier afin de pouvoir également nettoyer et trier les céréales. Cela lui permettrait de travailler davantage avec des producteurs locaux.
Aujourd'hui, sa farine est utilisée par quelques boulangers de la région. Il écoule aussi sa production auprès des particuliers, notamment dans des épiceries locales.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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