A Vresse, le bourgmestre ambitionne d’atteindre 90% des objectifs de son programme « raisonnable », la minorité regrette d’être mise de côté.
S'il y a un point sur lequel tout le monde s'accorde à Vresse-sur-Semois, c'est que cette législature affiche un bilan « mitigé », pour des raisons différentes selon qu'on soit dans la majorité ou dans l'opposition.
Arnaud Allard, nouveau bourgmestre élu en 2018 avec une majorité de 7 sièges sur 11 sur la liste ECD, a jugé l'expérience « décevante » :
Sur le plan personnel, c'était décevant. Et sur le plan politique, c'est un bilan mitigé bien que je n'aime plus utiliser ce mot. Pour une première expérience en politique, j'ai deux ans sur trois qui sont tombés à l'eau. La première année, on avait de beaux projets, une belle dynamique, puis le Covid est tombé et je me suis retrouvé à restreindre les libertés individuelles des gens. La gestion de crise, en dehors de la tristesse et de la douleur des personnes malades bien sûr, c'est quelque chose qui m'a plu. Mais ce qui m'a déplu : c'est le fait de devoir appliquer des règles opaques, de devoir contraindre, ne plus avoir avoir de vision à long terme en tant que décideur.
Pour Alain Wilemme (liste Confiance), la majorité manque cruellement de communication, à commencer par une communication avec la minorité :
Ils font leur popote dans leur coin. C'est vraiment le gros reproche qu'on adresse à ce Collège, c'est son manque de dialogue. Ils ont refusé notre demande de créer des commissions communales pour examiner les dossiers avant leur passage au conseil. Ils répondent de manière évasive à nos questions lors des conseils. Ils envoient les PV du Collège avec un mois de retard. Et avec la population, ce n'est pas mieux. Il n'y a pas de commission consultative d'aménagement du territoire. Et le Collège a l'habitude de débarquer en force avec des projets tout ficelés, sans dialogue préalable avec les riverains ; c'est pour cette raison qu'ils se sont pris un recours sur le Ravel.
Un programme raisonnable
Le bourgmestre Arnaud Allard voit l'action du Collège d'un meilleur œil :
Heureusement, on avait fait un programme raisonnable. La grande majorité des points ont été résolus ou sont en passe de l'être. Je prends le pari que dans les 3 ans, on aura réalisé plus de 90% de ce qu'on avait promis. Au niveau financier, qui était un tout gros défi, on poursuit la politique de désendettement de la commune. On a fait le gros dos quand il le fallait notamment au moment des mauvaises ventes de bois. On est bien au niveau du portefeuille, on a une commune saine. A plus long terme, les perspectives financières de la commune sont plus floues mais c'est le cas de toutes les communes wallonnes sans exception.
A l'inverse, du côté de l'opposition, Alain Wilemme tempère cet optimisme :
Prenons l'énorme dossier de l'eau, pour lequel, faut-il le rappeler, le précédent bourgmestre et la première échevine avaient été condamnés. Qu'est-ce qui a avancé ? Pour la protection contre la pollution de l'eau, sur 23 captages, seuls 3 ont été protégés, cela fait un an par. A ce rythme, on finira en 2042 ! On a une régie communale mais on ignore où ils en sont dans la prospection pour de nouveaux captages qui sont nécessaires au vu des étés secs qui se succèdent. Et pour la distribution, ce n'est pas mieux. A Chairière, il y a une fuite par semaine. Et quand on pose des questions, on nous répond : « ça avance »… Le dossier des voiries est aussi abyssal : on a des routes qui se lézardent partout. Le bourgmestre explique qu'il a déjà fait verser 135 tonnes de tarmac, mais c'est un emplâtre sur une jambe de bois. La technique du schlammage est ignorée à Vresse, et on ne comprend pas pourquoi alors que les réparations sont urgentes.
On le voit : des visions très différentes selon la majorité ou l'opposition… Il reste trois ans au Collège pour convaincre le conseil.