Armée
Un stock de munitions de La Défense à Sugny, à côté de la prison ? Des discussions sont en cours
publié le:27/03/2026 10:43:00 - mis à jour: 30/03/2026 16:00:03
La Défense a marqué son intérêt pour l’ancienne base militaire de l’OTAN à Sugny. Stocker des munitions à deux pas de la future prison ? Les discussions sont en cours.
« On n'en entendait plus parler depuis des années, puis la rave party de 2025 a relancé la curiosité et l'intérêt pour l'ancienne base militaire de l'OTAN », lance ironiquement Arnaud Allard, le bourgmestre de Vresse-sur-Semois, lors du dernier conseil communal de ce jeudi 26 mars.
Depuis cette fête illégale en mai 2025, plusieurs entreprises privées auraient manifesté leur intérêt pour exploiter les 78 bunkers laissés à l'abandon depuis 2014. « On parle d'entreprises sérieuses », poursuit l'Ardennais. « Sans trop en dire, on peut évoquer une grande entreprise avec un actionnariat de la Région wallonne".
Mise en location
La commune, propriétaire du site, ne compte pas revendre l'ancienne base militaire de l'OTAN. Son objectif est de la louer. Le bourgmestre est clair :
Au stade actuel, on exclut rien. Pour la mise en location, il y aura un cahier des charges.
"Les bunkers sont dans un état impeccable"
Le bourgmestre n'en dira pas davantage sur ces différentes approches privées. Un autre partenaire, public cette fois, est sorti du bois ardennais ces dernières semaines : la Défense envisage de faire de cette ancienne base militaire un nouveau site logistique. La base de Sugny figure en effet parmi les sites repris dans le plan « Quartiers de la Défense », avalisé par le gouvernement fédéral. Arnaud Allard poursuit :
Des militaires de la Défense sont venus inspecter les lieux à Sugny. Les bunkers sont dans un état impeccable.
Prison et munitions
Une opportunité intéressante, mais qui se heurte à un autre dossier fédéral d'envergure : le site doit également accueillir une nouvelle prison, dont les travaux devraient débuter en 2027. Les deux projets sont-ils compatibles ? Arnaud Allard :
Tout cela doit être discuté avec les ministres concernés. Plusieurs centaines de mètres séparent les bunkers du site de la prison. Si le projet vient à aboutir, il y aura deux accès distincts. Et les deux sites seront fermés et hautement sécurisés. La commune s'est battue pour que le site ne soit plus classé Seveso afin de pouvoir le réhabiliter, et nous y sommes parvenus non sans difficulté. S'il redevient une base militaire, il devra à nouveau être classé Seveso. C'est une certaine ironie de l'histoire.
Quoi qu'il en soit, Arnaud Allard ne le cache pas : la réhabilitation de l'ancienne base de l'OTAN, via une location à la Défense ou à un autre partenaire, générerait des retombées financières pour les caisses communales.