Urbanisme
Noisy: la destruction peut se poursuivre, décide le juge d'appel
publié le:06/07/2017 18:05:00 - mis à jour: 07/07/2017 10:38:39
L'interminable saga du château de Noisy vient-elle de connaître son épilogue? Le juge d'appel vient en effet de ré-autoriser la poursuite de la démolition, au grand dam des défenseurs de Miranda.
La juge présidente de la 12è chambre de Liège, Christiane Malmendier, a réformé en appel la décision du juge de Dinant d'interrompre la démolition du Château de Noisy. Cette décision avait été prise "comme en référé" le 8 juin dernier. L'arrêt en appel est tombé ce jeudi, alors que les défenseurs du château pensaient pouvoir passer les vacances judiciaires en toute sérénité.
La Cour estime par exemple que l'état avancé de délabrement de l'édifice constitue "un danger manifeste" pour tout qui s'en approche. Suivant la thèse de la société Miranda, propriétaire du château, la Cour estime que la démolition est "inéluctable" et que l'arrêt de la démolition ne serait pas de nature à mieux protéger l'environnement... Pour la présidente, par exemple, "la présence de chiroptères (NDLR de chauves-souris) est un élément important mais qui ne peut prévaloir devant des impératifs de sécurité publique".
C'est peu dire que les défenseurs du patrimoine sont amers face à l'arrêt rendu en extrême-urgence alors que, disent-ils, leur avocat n'a pas disposé du temps nécesaire à sa plaidoirie.
Pas fini...
Il est vrai que l'interruption des travaux ordonnée en référé en juin dernier avait surpris tout le monde. L'absence d'enquête publique et la non prise en considération de citernes à mazout ou encore de la présence d'une colonie de chauves-souris avaient justifié cette décision, qui avait obligé l'entreprise Castagnetti à retirer ses machines.
Aujourd'hui, le propriétaire retrouve la pleine maîtrise de son chantier qui va donc pouvoir redémarrer, mais l'Association de sauvegarde du Château de Noisy annonce déjà de nouvelles procédures: elle va déposer plainte contre les trois administrateurs de la société Miranda et contre la société Castagnetti pour violation de la loi sur la conservation de la nature. La Commission européenne sera également saisie en raison de la directive relative à la protection des chauves-souris.