Comment protéger ses troupeaux du loup ? Suite aux dernières attaques, la question est sur toutes les lèvres des éleveurs de la région beaurinoise et de ses alentours.
Sur les hauteurs de Houyet, un éleveur ovin a placé des filets mobiles électrifiés pour protéger son troupeau de brebis. Le matériel de protection est prêté gratuitement par l'ASBL Natagriwal dans le cadre du plan "Loup" de la Région Wallonne, dont Mathieu Halford est le chargé de mission:
Il n'y a pas que les filets, il y a aussi la batterie et l'électrificateur. Nous calculons ce qu'il faut pour protéger la parcelle et l'éleveur doit tout mettre en place.
Aurélien Schram, l'éleveur en question, a installé le dispositif il y a une semaine :
Il faut un peu plus d'une heure à quatre personnes pour dérouler, raccorder dans les coins et mettre le courant. Toutes les trois semaines, on change les brebis de parcelles.
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Natagriwal intervient chez les éleveurs qui ont déjà subi une attaque avérée de loup ou tout simplement de manière préventive, dans les pâtures situées dans des zones à risques. Mathieu Halford continue:
Dans tous les pays où le loup est de retour, l'utilisation de filets mobiles est courante. Évidemment, un loup est capable de sauter au-dessus mais c'est assez rare.
Des alternatives pas toujours efficaces
D'autres moyens existent également pour tenter d'éloigner le prédateur.
On peut utiliser des foxlights, des systèmes d'effarouchement... On peut aussi faire usage de chiens de protection de troupeau.
Si le loup devait s'installer durablement, la région serait considérée "ZPP", pour zone de présence permanente. Les éleveurs pourraient alors bénéficier de subsides pour mieux protéger leurs troupeaux.
On pourrait envisager d'électrifier les clôtures par le bas et par le haut de manière permanente. Ce serait financé à 100% par le plan "loup".
Les éleveurs dans l'impasse
Mais cette solution n'est pas possible partout. Dans le cas des éleveurs bovins, les parcelles sont beaucoup plus vastes, comme l'explique Alain Licoppe, expert du réseau "loup".
L'idée n'est pas de protéger tous les élevages de bovins, ce serait juste impayable au vu de taille des pâtures à électrifier. Pour les bovins, on se dirige plus vers l'effarouchement. Mais il n'est opérationnel que pendant deux à trois mois, après il y a un phénomène d'habituation. Techniquement, on ne sait pas faire grand-chose quand il s'agit de bovins.
Mathieu Halford abonde dans ce sens.
On est dans une forme d'impasse, il faut le reconnaitre. Les dispositions actuelles du plan loup permettent de protéger dans certains cas de figure, mais pas dans d'autres.
Actuellement, il n'existe donc pas de solutions efficaces à 100%. En cas de présence permanente du loup dans la région, la cohabitation ne serait pas sans difficultés.