Les récentes attaques de loup relancent le débat sur la présence permanente ou non de l'animal à Beauraing. Pour les éleveurs, il s'est installé. Les experts manquent de preuves pour l'affirmer.
Les attaques de bétail se suivent et se ressemblent dans la région de Beauraing. Les analyses l'ont confirmé pour Focant et pour Revogne, l'auteur est bien un loup. Phillipe Rabeux, l'éleveur le plus touché avec huit animaux perdus, n'en a jamais douté.
Il a frappé à Wellin, à Focant, à Revogne et à Rienne. C'est le même mode opératoire à chaque fois.
Par contre, l'éleveur beaurinois remet en question la fiabilité des tests ADN. Récemment, les analyses effectuées sur l'un de ses cadavres sont revenues négatives pour le loup mais positives pour le chien. Philippe Rabeux explique ce résultat par la présence de son animal de compagnie avant et pendant le prélèvement.
Mon Border Collie était avec moi au moment du relevé des écouvillons. Mon veau est resté un moment dans ma cour, avec mon chien dans les parages.
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Pour le DEMNA, le département de l'étude du milieu naturel et agricole, soit les experts du loup, il n'y a pas de moyen plus efficace que l'analyse ADN. Alain Licoppe confirme;
C'est un outil fiable à 100% pour distinguer s'il s'agit d'une attaque d'un loup ou d'un chien.
"On va devoir cohabiter"
À Beauraing, ces dernières attaques ont renforcé le sentiment de crainte chez les éleveurs. Philippe Rabeux est devenu par la force des choses leur porte-parole. Il est persuadé que le loup s'est installé dans la région.
On va devoir cohabiter. Il ne faut pas se leurrer, la bête est implantée, qu'on ne me dise pas le contraire.
Mais les experts de la Région wallonne ne sont pas aussi catégoriques. Ils manquent encore de preuves pour affirmer la présence permanente du loup dans cette zone.
On n'a pas de photos de ce qui pourrait ressembler à un loup dans la commune de Beauraing. Évidemment, l'animal est passé par là. Mais s'il était réellement installé, on aurait beaucoup plus d'indices de présence ou de témoignages.
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D'autres hypothèses
Alain Licoppe a d'autres hypothèses en tête, comme celle qu'il s'agirait de plusieurs loups de passage.
On a eu le cas du côté d'Émines, dans le Nord de Namur, où quatre loups différents ont attaqué sur un court laps de temps.
L'autre hypothèse, moins probable, relierait les attaques beaurinoises à celles recensées et observées du côté de Willerzie et de la frontière française.
Cela paraitrait étonnant. À vol d'oiseau, on est à plus de vingt kilomètres de Beauraing. Cela commence à être grand pour un seul individu.
Établir une zone de présence permanente à Beauraing permettrait aux éleveurs locaux d'obtenir des subventions et renforcer ainsi les dispositifs de protection. En 2024, 28 attaques de loup sur des moutons ont été confirmées en Région wallonne, soit le même nombre que l'année dernière. En revanche, 17 bovins ont été tués en 2024, c'est quatre fois plus qu'en 2023.
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