En commission du Parlement, le ministre François Desquesnes a reconnu une « assertion inexacte » dans ses explications sur l’octroi du permis kayaks. Sur le fond, sa position reste inchangée.
Le ministre François Desquesnes (Les Engagés) est revenu sur le dossier du « permis kayaks » en Commission de l'aménagement du territoire du Parlement de Wallonie. Interpellé par Stéphane Hazée (Ecolo), le ministre a admis une « imprécision » et présenté ses excuses.
Pour rappel, le ministre était sous le feu des critiques d'Ecolo qui, s'appuyant sur un article de nos confrères du Soir, l'accusait d'avoir donné de « fausses informations » au Parlement. Le 9 septembre dernier, François Desquesnes avait parlé d'un statu quo du nombre de kayaks autorisés sur la Lesse suite à l'octroi d'un nouveau permis le 23 avril.
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En commission, ce mardi, le ministre a longuement démontré qu'il y avait bien un statu quo dans le nombre de kayaks autorisés sur la Lesse par rapport à la période 2004-2005.
A l'époque, trois sociétés se partageaient la Lesse : Libert (600 kayaks), Ansiaux (569) et Pitance (600), soit 1769 kayaks. Aujourd'hui, les deux sociétés appartenant à Pitance, Dinant Tourisme dont le permis vient d'être accordé par François Desquesnes et Dinant Aventure peuvent mettre à l'eau 1769 kayaks à elles deux. Le ministre ajoute que de 2012 à 2022, le total de kayaks autorisés était supérieur puisqu'il s'élevait à 1969 unités. François Desquesnes reconnaît par contre que cette mesure n'était plus d'application en 2024 comme il l'avait prétendu :
Le 9 septembre dernier, j'indiquais que j'avais décidé de limiter le nombre total de kayaks au nombre autorisé il y a 20 ans. La situation est donc bien un statu quo par rapport au total des 3 permis octroyés en 2004-2005. En incise, j'ai complété en disant que la situation était encore en application en 2024. Cette assertion, je le reconnais, était inexacte puisque pour être précis, la situation a donc prévalu jusqu'au 3 mai 2022, date de la décision du Conseil d'État (qui annulait un permis octroyé en 2017, ndlr.). Je présente mes excuses pour cette erreur d'imprécision.
Cette mise au point faite, François Desquesnes ne renie pas sa décision d'octroyer le permis à Dinant Tourisme :
Sur base de l'étude d'incidence sur l'environnement et du rapport de synthèse, j'ai pu réaliser au travers de ma décision, une balance entre les intérêts environnementaux d'une part et les intérêts économiques et sociaux d'autre part qui a abouti à limiter l'autorisation à 1169 kayaks.
« Grotesque ! »
Les explications du ministre sont loin d'avoir convaincu le député Ecolo Stéphane Hazée :
Il y a quelque chose de grotesque à affirmer qu'il y a un statu quo en faisant référence à une situation d'il y a 20 ans. Il y a 20 ans, le PSC venait de se changer en cdH. Est-ce qu'on se rend compte de quel temps on parle ? On est vraiment à une période où les enjeux de biodiversité étaient certes pris en compte mais avec une beaucoup moins grande précision et une beaucoup moins grande force qu'aujourd'hui.
Stéphane Hazée poursuit en affirmant que ce n'est pas possible « d'enlever un soupçon de malhonnêteté intellectuelle » dans ce dossier :
Vous avez pris une décision en faisant croire que c'était un statu quo alors que c'est une dégradation. L'administration vous avait fait une proposition très proche de la situation actuelle, vous ne pouviez pas donc prendre cette décision sans le savoir, sauf à laisser penser que vous décidez de manière non éclairée, ce que je ne pense pas. Il y a là une tromperie.