Eau

Plongée dans les coulisses de la station d'épuration de l’Inasep de Dinant

publié le:14/05/2026 12:00:00 - mis à jour: 15/05/2026 12:10:24

En Province de Namur, 115 stations d’épuration sont gérées par l’Inasep. Ces infrastructures essentielles, souvent méconnues, permettent de traiter les eaux usées de milliers d’habitants chaque jour.

Près de 75 kilomètres d'égouts arrivent à la station d'épuration de Dinant. Chaque jour depuis 10 ans, les eaux usées de plusieurs milliers d'habitants de Leffe, Neffe, Bouvignes et du centre-ville y sont collectées pour être traitées, explique Steve Bernard, responsable des ouvrages d'assainissement de la Province de Namur pour l'Inasep.

Première étape du traitement : le dégrillage

Entre l'arrivée et la sortie de la station, l'eau subit plusieurs traitements essentiels. Première phase : le dégrillage avec une grille qui permet de retenir les déchets les plus visibles, comme les plastiques ou les canettes. Le responsable ajoute que, pour éliminer les huiles et le sable, on utilise une autre technique.

On insuffle de l'air dans le bassin. L'air a pour effet de diminuer la densité. Le sable coule et les huiles remontent. Il suffit donc de récupérer les huiles en surface et puis on récupère le sable au fond du bassin.

Le rôle clé des bactéries

Vient ensuite le traitement biologique. Des bactéries se chargent de dégrader la matière fécale polluante, qui se transforme progressivement en boue.

Lorsque les bactéries mangent la matière organique, c'est bien, elles se multiplient et, à terme, il y en a de trop dans la station. Nous devons donc évacuer l'excédent. Pour ce faire, nous déshydratons les boues afin d'éliminer l'eau et récupérer un maximum de matière sèche dans une filière courte. Cette boue n'est pas perdue puisqu'elle est valorisée en agriculture.

L'épuration des eaux usées : un travail en continu et essentiel

La dernière étape du processus, c'est l'élimination du phosphore et de l'azote, avant le rejet de l'eau traitée dans la Meuse. L'épuration se fait 24 heures sur 24. Ce travail essentiel est souvent compliqué par les incivilités. Stéphanie Van Schoors, responsable de la communication de l'Inasep, rappelle quelques gestes simples nécessaires au bon fonctionnement des stations.

Il ne faut pas jeter une série de choses dans les canalisations, par exemple les lingettes, parce que cela a un impact sur le fonctionnement de l'installation, sur l'environnement, mais aussi sur la sécurité de nos agents en charge de la maintenance des stations. Tout ce qui est peinture ou huile de friture doit être déposé au parc à conteneurs.

Des installations fragilisées par les mauvais gestes

Steve Bernard insiste : ces stations sont dimensionnées pour traiter des eaux usées, pas pour éliminer d'autres produits.

Cela met à mal nos installations qui se bouchent. Au niveau biologique, les bactéries meurent, on ne peut plus épurer. Et donc, effectivement, on ne peut plus valoriser non plus les produits. Cela met vraiment la station en échec.

Pour sensibiliser le public, l'Inasep ouvre régulièrement les portes de ses installations, à l'occasion des Journées wallonnes de l'eau ou dans le cadre de visites scolaires.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30