Le plan d’aménagement futur du Point de Vue du Jambon à Vresse est connu. Il prévoit un ouvrage d’art discret intégré dans l’environnement. Ce ne sera pas une tour et on y installera pas une tyrolienne
Le point de vue du jambon, à Vresse-sur-Semois, c'est une vue imprenable sur le Parc national. La Semois y dessine une boucle, en forme de jambon à l'os. C'est un des points de vue emblématique de l'Ardenne.
Le point d'observation va être aménagé. L'idée est de préserver les qualités propres du site, ne pas perturber l'impression exceptionnelle du panorama et renforcer le sentiment de vertige ressenti sur place détaille Arnaud Allard, bourgmestre de Vresse-sur-Semois :
Ce sera une avancée dans le vide. On l'a voulu la plus discrète possible. On le sait, les plus beaux points de vue sont ceux qu'on ne voit pas, ceux qui ne sont pas aménagés. Ici, on voulait garder la perspective mais aussi permettre d'avoir une œuvre d'art sur la commune qui la distingue très fort des autres communes et qui s'inscrit parfaitement dans le cadre du parc national.
De nombreux défis à relever
Ce sont plusieurs défis à relever pour le bureau d'études SBE qui est en charge de la conception du projet. Un cabinet qui n'en est pas à son coup d'essai en matière de génie civil et de projets d'envergure appuie Jean-Philippe Pecquet, l'un des instigateurs du projet et membre du bureau SBE :
Le grand défi, en termes d'intégration, c'est de le camoufler le plus possible dans son environnement. Le touriste va s'engager dans la clairière. A ce moment précis, il n'observera pas, ou très peu, l'ouvrage. Et, c'est au fur et à mesure qu'il va s'avancer sur le chemin d'accès qu'il va pouvoir découvrir l'ouvrage et être attiré par cet ouvrage qui va être implanté à plus ou moins 1,5 m sous le niveau de la crête de la falaise.
La structure sera faite en acier Corten, matière intégrée à l'environnement. Robuste, résistant à la corrosion et à la déformation. Pratique et durable, il ne demandera aucun entretien particulier.
L'autre défi qui devra être relevé, c'est le respect total du site pendant le chantier, comme le précise Pierre Poncelet de l'agence de développement local :
L'idée est de creuser de petites fondations pour poser la structure. Il n'y a pas d'abattage d'arbres. On vient avec des machines très légères. On ne vient pas avec des grues de 40 tonnes. La structure va être assemblée sur place, plutôt que de l'assembler en atelier et de l'amener en un seul tenant.
Une véritable nécessité
Réaménager ce site discret, préservé et au charme certain, une nécessité selon le bourgmestre. Question de point de vue… confirme Arnaud Allard:
Ici, c'était une volonté du conseil précédent et du collège. On a voulu continuer. On parlait, avant, d'une tyrolienne. C'était quelque chose d'utopique parce que nous n'aurions jamais eu les autorisations.
La version actuelle semble déjà rassembler l'adhésion des parties concernées.
Nous avons déjà mis autour de la table le Parc Naturel de l'Ardenne Méridionale, le Parc Naturel Ardenne et Gaume et le DNF. Tous les trois ont vraiment trouvé le projet bien intégré. Ce qui nous donne vraiment beaucoup d'espoirs. On a pu aussi, avec un peu de chance, rencontrer un fonctionnaire délégué qui semble être OK. Donc, tous les feux sont au vert. Il n'y a plus qu'à !
Il n'y a plus qu'à attendre début 2025 pour voir le projet se concrétiser.
Il n'y a plus qu'à payer : 1 million d'euros dont 20% à charge de la commune.