Enseignement

Réforme de l’enseignement : À Beauraing, des professeures craignent pour leur avenir

publié le:27/05/2026 15:01:00 - mis à jour: 27/05/2026 16:58:22

La réforme de l’enseignement inquiète toujours les enseignants. À Beauraing, trois professeures témoignent de leur peur de perdre leur emploi si la mesure est adoptée.

La réforme de l'enseignement portée par Valérie Glatiny continue de susciter l'inquiétude dans les écoles. Parmi les mesures prévues figure l'augmentation du nombre d'heures de travail pour les enseignants nommés du secondaire supérieur. Une mesure qui pourrait avoir des conséquences directes sur l'emploi de certains professeurs.

À Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur, trois professeures témoignent de leur incertitude face à une réforme qui menace leur avenir professionnel.

« C'est mathématique : je perdrai mon travail »

Roxane Mahieux, professeure de français dans le degré supérieur, fait partie des emplois potentiellement menacés.

Je suis professeure de français depuis dix ans et j'enseigne à Beauraing depuis environ huit ans. Je ne suis toujours pas nommée. Cela signifie que si la charge horaire de mes collègues augmente de 10 %, c'est mathématique : je perdrai mon travail, ou une partie de mon travail, dès la rentrée prochaine.

Une rentrée dans l'incertitude

Dans l'établissement, elle n'est pas la seule à vivre dans l'incertitude. Romane Bodson enseigne les langues depuis trois ans. Si chaque rentrée s'accompagne déjà d'une part d'inconnue quant au nombre d'heures qui lui sera attribué, la pression est encore plus forte cette année.

Cela fait plusieurs mois qu'on parle de ces réformes. Il n'y a toujours rien de concret et nous ne savons pas s'il faut chercher un emploi ailleurs ou garder espoir. Le problème, c'est que nous ne saurons que deux ou trois jours avant la rentrée si j'aurai du travail ou non. Et si je perds mon emploi ici, il sera presque impossible d'en retrouver un ailleurs, puisque toutes les écoles seront impactées de la même manière.

Préserver les élèves malgré l'inquiétude

Même inquiétude chez sa collègue Aurélie Breuer, qui tente malgré tout de préserver ses élèves de cette anxiété.

Cette année, en tout cas, on essaie de ne rien montrer aux élèves. Ils ne doivent pas subir nos inquiétudes. Mais c'est vrai que la situation est pesante : on ne sait pas si la mesure va passer ou non. Alors forcément, on se projette et on se demande ce qu'on fera si cela arrive.

« On se sent abandonnées »

Toutes trois évoquent un métier qu'elles ont choisi par vocation. Difficile, dès lors, d'imaginer que leur carrière dans l'enseignement puisse s'arrêter brutalement dans les prochains mois, confie encore Roxane Mahieux.

On se sent tristes, en colère. On a l'impression d'abandonner nos élèves et, en même temps, d'être abandonnées par le système. Pour moi, ce métier, c'est une passion, une mission. Je le fais avec tout mon cœur. Il y a un énorme sentiment d'injustice et, à un moment, ça vous ronge de l'intérieur.

Toutes les trois l'affirment : au-delà de leur situation personnelle, c'est surtout l'impact de cette réforme sur l'ensemble du secteur de l'enseignement qui les inquiète. Comme des milliers d'enseignants en Wallonie, elles participent aux actions organisées depuis plusieurs jours pour défendre, selon elles, de meilleures conditions d'apprentissage pour les élèves. Et ces mobilisations semblent déjà avoir un premier effet. Le vote de la réforme, initialement prévu ce mercredi, a finalement été reporté au 10 juin.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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